Mélisse
Melissa officinalis
La mélisse (Melissa officinalis) est une plante apaisante citronnée aux propriétés anxiolytiques, reconnue pour ses effets sur le stress, le sommeil et la digestion nerveuse. Découvrez ses bienfaits, posologie, précautions et avis scientifiques.

En bref
La mélisse pourrait agir comme un anxiolytique naturel en modulant le GABA, procurant une détente sans somnolence avec une efficacité rapportée dans une étude clinique limitée de 95% de répondeurs dans les troubles anxieux légers à modérés. Son acide rosmarinique a montré des propriétés antivirales in vitro contre l'herpès (jusqu'à 60% d'inhibition du HSV-2 dans certaines études), tandis que ses huiles essentielles pourraient apaiser les spasmes digestifs d'origine nerveuse. Les effets peuvent varier selon les individus et la qualité des extraits.
Quels sont les bienfaits de la Mélisse?
La mélisse est une plante médicinale aux multiples vertus, étudiée pour ses propriétés anxiolytiques, digestives et antivirales. Certaines études cliniques préliminaires rapportent une réduction de l'anxiété et une amélioration de l'insomnie, ainsi qu'une activité antivirale in vitro contre l'herpès labial. Ces résultats nécessitent confirmation par des études de plus grande ampleur.
- Réduit l'anxiété de 18% et les symptômes associés de 15% après 15 jours selon une étude préliminaire
- Améliore l'insomnie de 42% avec 85% de rémission complète selon une étude préliminaire limitée
- Inhibe la réplication du virus herpès HSV-1 et HSV-2 jusqu'à 60% in vitro
- Soulage les spasmes digestifs et troubles gastro-intestinaux nerveux selon des études limitées
- Améliore les fonctions cognitives et pourrait prévenir le déclin cognitif chez les seniors (résultats préliminaires nécessitant confirmation)
- Réduit les scores de stress et dépression chez les patients cardiaques dans des études limitées
- Augmente les niveaux de GABA cérébraux via l'inhibition de la GABA-transaminase selon des études préliminaires
- Diminue l'anxiété préopératoire de 30% chez les patients chirurgicaux dans une étude limitée
- Améliore la qualité du sommeil de 48% chez les patients coronariens selon certaines études
- Présente un excellent profil de sécurité sans effets secondaires significatifs
Histoire et tradition
La mélisse, dont le nom grec "melissa" signifie littéralement "abeille", entretient depuis l'Antiquité une relation privilégiée avec ces pollinisateurs qu'elle attire irrésistiblement. Cette affinité naturelle lui valut d'être considérée comme la plante de l'harmonie et de la douceur, capable d'apaiser les esprits comme elle apaise l'essaim.
Dès le IVe siècle avant notre ère, Théophraste la décrivait dans son Historia Plantarum comme un remède contre les piqûres venimeuses et les morsures de chiens enragés. Dioscoride, médecin grec du Ier siècle, vantait ses vertus pour "réjouir le cœur et chasser la mélancolie", préfigurant ainsi ses usages modernes contre l'anxiété et la dépression. Pline l'Ancien rapportait que les apiculteurs romains frottaient les ruches avec de la mélisse fraîche pour attirer les essaims et calmer les abeilles agitées.
Le Moyen Âge consacra la mélisse comme plante médicinale majeure. Les moines bénédictins la cultivaient dans tous leurs jardins monastiques, la considérant comme indispensable à leur pharmacopée. L'abbesse Hildegarde de Bingen (1098-1179) la prescrivait pour "fortifier et réjouir le cœur" et contre les "humeurs mélancoliques". Les médecins arabes, notamment Avicenne, la recommandaient pour "clarifier l'esprit et dissiper les vapeurs du cerveau".
L'apothéose de la mélisse survint en 1611 avec la création de la célèbre Eau de Mélisse des Carmes. Les religieux du couvent parisien de la rue Vaugirard élaborèrent cette formule secrète associant mélisse, angélique, coriandre et citron, qui devint le remède universel contre les vapeurs, syncopes et troubles nerveux de la cour de France. Louis XIV, Richelieu et Madame de Sévigné ne juraient que par elle. Cette eau miraculeuse traversa les siècles et se vend encore aujourd'hui en pharmacie.
Charlemagne, dans son Capitulaire de Villis (812), ordonna la culture obligatoire de la mélisse dans tous les domaines impériaux, la classant parmi les 88 plantes indispensables. Cette décision influença durablement la pharmacopée européenne. Au XVIe siècle, Paracelse la surnomma "élixir de vie", affirmant qu'elle pouvait "revitaliser l'homme le plus faible" et "transformer la vieillesse en jeunesse".
Le XVIIe siècle vit la mélisse conquérir l'Angleterre. John Evelyn écrivait en 1679 que "la mélisse rend l'esprit et le cœur joyeux, chasse toutes les pensées troublantes et mélancoliques". Le London Dispensatory de 1696 la recommandait contre "l'hypochondrie, la mélancolie et les vents du ventre", associant déjà ses vertus psychotropes et digestives.
L'ère moderne valida scientifiquement ces usages millénaires. Dans les années 1990, la découverte de son action sur les récepteurs GABA et de ses propriétés antivirales contre l'herpès confirma l'intuition des anciens. L'extrait standardisé Cyracos®, développé en France, démontra une efficacité remarquable dans les troubles anxieux avec 95% de répondeurs[1], inscrivant définitivement la mélisse dans la pharmacopée moderne.
Composition et principes actifs
La complexité phytochimique de la mélisse explique sa polyvalence thérapeutique exceptionnelle. Plus de 120 composés bioactifs ont été identifiés, créant une synergie unique entre actions neurologiques, antivirales et digestives.
Acides phénoliques : les maîtres anxiolytiques
L'acide rosmarinique (2-6% du poids sec) constitue le composé signature de la mélisse. Ce dérivé caféique inhibe la GABA-transaminase, enzyme responsable de la dégradation du GABA, augmentant ainsi les niveaux cérébraux de ce neurotransmetteur inhibiteur[1]. Les études pharmacocinétiques montrent un pic plasmatique à 1 heure avec une concentration maximale de 162,20 nmol/L après ingestion de 500mg d'acide rosmarinique[6]. L'acide rosmarinique présente également une puissante activité antivirale, inhibant l'attachement du HSV-1 aux cellules hôtes de manière dose-dépendante[4].
Les acides chlorogénique (0,5-1%), caféique et férulique complètent ce profil avec des propriétés antioxydantes (ORAC 95,33 μmol TE/g) et anti-inflammatoires, protégeant le système nerveux du stress oxydatif[10].
Huiles essentielles : l'aromathérapie intégrée
L'huile essentielle (0,02-0,3% selon la saison) dominée par le citral (néral 20-30% + géranial 30-40%) confère à la mélisse son parfum citronné caractéristique. Le citronellal (10-30%), le β-caryophyllène (8-10%) et le germacrène-D (5-15%) complètent ce profil aromatique. Ces composés exercent des effets antispasmodiques directs sur les muscles lisses digestifs et une action sédative par inhalation. Le citral présente également des propriétés antivirales significatives contre les virus enveloppés[3].
Triterpènes : les régulateurs métaboliques
Les acides ursolique (0,5%) et oléanolique (0,3%) modulent l'activité GABAergique en synergie avec l'acide rosmarinique. Ils inhibent également la GABA-transaminase avec une IC50 de 85 μM, contribuant à l'effet anxiolytique global. Ces triterpènes présentent des propriétés hépatoprotectrices et hypoglycémiantes, élargissant le spectre thérapeutique de la mélisse.
Flavonoïdes : les protecteurs cellulaires
La lutéoline-7-O-glucoside (0,2%), l'apigénine-7-O-glucoside, la quercétine et ses dérivés exercent des effets neuroprotecteurs et anxiolytiques complémentaires. Ces flavonoïdes modulent les récepteurs benzodiazépiniques et présentent une affinité pour les récepteurs GABA-A. Leur action antioxydante protège les neurones du stress oxydatif lié à l'anxiété chronique.
Tanins et polysaccharides
Les tanins catéchiques (4-5%) contribuent aux propriétés antivirales et astringentes. Les polysaccharides (arabinogalactanes, pectines) modulent la réponse immunitaire et exercent des effets prébiotiques bénéfiques sur l'axe intestin-cerveau.
Standardisation et biodisponibilité
L'extrait Cyracos®, standardisé à >7% d'acides hydroxycinnamiques (dont >2% d'acide rosmarinique), garantit une efficacité reproductible[1]. La biodisponibilité de l'acide rosmarinique est optimale en état de jeûne, avec une demi-vie plasmatique de 1-2 heures nécessitant des prises biquotidiennes. Les formulations phospholipidiques modernes améliorent l'absorption de 30-40%.
Posologie : comment utiliser la Mélisse ?
Anxiété légère à modérée
- Extrait standardisé Cyracos® : 300mg, 2 fois par jour (matin et soir)
- Infusion : 1,5-4,5g de feuilles séchées par tasse, 3 fois par jour
- Teinture mère : 2-4ml dans eau, 3 fois par jour avant repas
- Efficacité : 95% de répondeurs, réduction anxiété 18% à 15 jours
Troubles du sommeil
- Extrait sec : 300-600mg, 1-2h avant le coucher
- Infusion concentrée : 3-4g dans 200ml d'eau, 30 min avant coucher
- Association mélisse-valériane : 300mg + 300mg au coucher
- Amélioration : insomnie -42% après 15 jours, 85% de rémission
Troubles digestifs nerveux
- Infusion digestive : 1,5-2g après chaque repas principal
- Extrait fluide : 1-2ml dans eau chaude après repas
- Association mélisse-menthe : infusion mixte 1g + 1g
- Soulagement rapide des spasmes et ballonnements en 15-30 min
Herpès labial (HSV-1)
- Crème/gel 1% d'extrait : application locale 2-4x/jour
- Débuter dès premiers picotements pour efficacité maximale
- Huile essentielle diluée 5% : tamponner 3-4x/jour
- Réduction durée poussée 2-3 jours, inhibition virale 60%
Stress et anxiété cardiaque
- Dose cardiologique : 3g/jour en 3 prises (études cliniques)
- Ou extrait standardisé : 400mg, 2-3 fois par jour
- Association mélisse-aubépine : 300mg + 300mg, 2x/jour
- Amélioration anxiété et qualité sommeil chez coronariens
Prévention déclin cognitif (>60 ans)
- Acide rosmarinique : 500mg/jour en continu
- Ou extrait standardisé : 600-900mg/jour
- Cure longue : 96 semaines selon étude clinique
- Protection cognitive démontrée chez non-hypertendus
Formes et préparations
| Forme | Standardisation | Biodisponibilité | Délai d'action | Usage privilégié |
|---|---|---|---|---|
| Formes standardisées modernes | ||||
| Cyracos® | >7% acides hydroxycinnamiques | 65-75%[1] | 3-7 jours | Anxiété, insomnie cliniques |
| Extrait sec standard | 2-4% acide rosmarinique | 50-60%[6] | 7-15 jours | Usage général anxiété |
| Extrait fluide | 1:1 dans glycérine | 40-50% | 5-10 jours | Troubles digestifs |
| Crème/gel 1% | 1% extrait total | Locale | Immédiat | Herpès labial |
| Formes traditionnelles | ||||
| Infusion feuilles | Non standardisée | 20-30% | 15-30 min | Digestion, détente |
| Teinture mère | 1:10 alcool 45° | 35-45% | 3-7 jours | Polyvalent, pratique |
| Eau de mélisse | Formule Carmes | 25-35% | Rapide | Tradition, malaises |
| Huile essentielle | Citral 40-60% | Variable | Immédiat | Aromathérapie, local |
Interactions médicamenteuses
La mélisse présente un profil d'interactions généralement favorable, mais certaines associations nécessitent une surveillance.
Interactions à surveiller : Hormones thyroïdiennes - la mélisse peut théoriquement interférer avec la fonction thyroïdienne, surveillance TSH recommandée chez les hypothyroïdiens traités. Sédatifs et barbituriques - possible potentialisation de l'effet sédatif, ajustement des doses si nécessaire. Benzodiazépines - effet additif sur les récepteurs GABA, réduction progressive des doses possible sous supervision.
Interactions mineures : Antidiabétiques - légère potentialisation possible, surveillance glycémique par précaution. Antiviraux contre l'herpès - synergie possible avec aciclovir, aucune interaction négative rapportée. Inhibiteurs de la cholinestérase - surveillance théorique mais pas d'interaction clinique documentée.
Associations bénéfiques documentées : Valériane - synergie pour normaliser les niveaux de GABA altérés par le stress[1]. Menthe poivrée - association classique pour les troubles digestifs nerveux. Passiflore - complémentarité pour l'anxiété sans sédation excessive. Aubépine - bénéfique pour l'anxiété cardiaque et les palpitations[2].
Associations phytothérapeutiques traditionnelles : Camomille pour les troubles digestifs inflammatoires. Houblon pour l'insomnie rebelle. Millepertuis pour la dépression légère (surveillance). Gingembre pour les nausées nerveuses. Fenouil pour les spasmes intestinaux avec gaz.
Précautions particulières : Glaucome - l'huile essentielle peut théoriquement augmenter la pression intraoculaire. Chirurgie programmée - arrêt 2 semaines avant (interaction possible avec anesthésiques). Hypothyroïdie - surveillance clinique et biologique recommandée. Grossesse - éviter l'huile essentielle, extrait et infusion considérés sûrs.
Synergies thérapeutiques
| Association | Ratio | Indication | Efficacité documentée | Posologie |
|---|---|---|---|---|
| Associations binaires validées | ||||
| Mélisse + Valériane | 1:1 | Insomnie anxieuse | GABA normalisé[1] | 300mg + 300mg au coucher |
| Mélisse + Menthe poivrée | 1:1 | Côlon irritable | Spasmes -50% | 200mg + 200mg, 3x/jour |
| Mélisse + Passiflore | 1:1 | Anxiété diurne | Sans somnolence | 300mg + 300mg, 2x/jour |
| Mélisse + Aubépine | 1:1 | Palpitations stress | Anxiété cardiaque -30%[8] | 300mg + 300mg, 2x/jour |
| Mélisse + Camomille | 2:1 | Gastrite nerveuse | Inflammation digestive | 400mg + 200mg, 3x/jour |
| Associations complexes (3+ plantes) | ||||
| Mélisse + Valériane + Passiflore | 1:1:1 | Sevrage anxiolytiques | Transition douce | 200mg chaque, 3x/jour |
| Mélisse + Menthe + Fenouil | 2:2:1 | Dyspepsie fonctionnelle | Confort digestif global | 300mg + 300mg + 150mg |
| Mélisse + Houblon + Lavande | 2:1:1 | Insomnie chronique | Sommeil profond | 400mg + 200mg + 200mg |
| Mélisse + Rhodiola + Ashwagandha | 1:1:1 | Stress chronique | Résilience accrue | 300mg chaque, 2x/jour |
Contre-indications et précautions
Contre-indications absolues :
- Allergie connue aux Lamiaceae (menthe, basilic, lavande, sauge)
- Glaucome à angle fermé (huile essentielle uniquement)
- Hypothyroïdie sévère non stabilisée (surveillance TSH)
Précautions d'emploi :
- Grossesse et allaitement : infusion et extrait considérés sûrs, éviter l'huile essentielle
- Enfants <3 ans : réserver aux formes douces (infusion légère)
- Chirurgie programmée : arrêt 2 semaines avant (interaction théorique avec anesthésiques)
- Conduite automobile : tester la tolérance individuelle aux doses anxiolytiques
- Diabète : surveillance glycémique (effet hypoglycémiant léger possible)
Effets indésirables :
- Très rares (<1%) : nausées, douleurs abdominales à doses élevées
- Occasionnels : céphalées légères en début de traitement
- Rares : réactions cutanées allergiques (huile essentielle)
- Exceptionnels : vertiges, somnolence excessive (surdosage)
Signes de surdosage :
- Doses >5g d'extrait : somnolence, hypotension légère
- Huile essentielle >10 gouttes : nausées, vertiges, bradycardie
- Traitement symptomatique, récupération rapide
Surveillance recommandée :
- TSH si hypothyroïdie traitée (contrôle à 3 mois)
- Aucune surveillance biologique systématique nécessaire
- Excellente tolérance confirmée jusqu'à 96 semaines de traitement[5]
- Pas d'accoutumance ni de dépendance rapportées[1]
Questions fréquentes
La mélisse est-elle efficace contre l'herpès labial ?
La mélisse a montré des résultats prometteurs contre l'herpès dans certaines études. Les recherches in vitro rapportent une inhibition jusqu'à 60% du virus HSV-2 et une activité virucide contre HSV-1 [3],[4]. Mécanisme proposé : l'acide rosmarinique pourrait empêcher le virus de s'attacher aux cellules hôtes. Application pratique : appliquez une crème à 1% d'extrait de mélisse dès les premiers picotements, 2-4 fois par jour. Résultats observés dans certaines études : réduction possible de la durée des poussées et diminution de l'intensité des symptômes. IMPORTANT : l'usage antiviral est complémentaire aux traitements conventionnels et non substitutif. Les résultats peuvent varier selon les individus.
Combien de temps pour ressentir les effets sur l'anxiété ?
La mélisse pourrait agir relativement vite selon certaines études préliminaires. Premiers effets : amélioration subjective du bien-être rapportée dès 3-7 jours dans une étude [1]. Efficacité observée : réduction de 18% de l'anxiété après 15 jours dans des conditions spécifiques. Une étude limitée rapporte 95% de répondeurs, avec 70% de rémission complète [1]. Pour l'insomnie : amélioration de 42% rapportée après 2 semaines. Conseil : prenez 300mg d'extrait standardisé (type Cyracos) matin et soir pendant au moins 15 jours. Ces résultats proviennent d'études préliminaires et nécessitent confirmation. Les effets peuvent varier selon les individus et la qualité des extraits.
Puis-je associer la mélisse à d'autres plantes calmantes ?
Les associations avec la mélisse sont non seulement possibles mais souvent synergiques ! Duo classique : mélisse + valériane normalise les niveaux de GABA altérés par le stress chronique. Pour l'anxiété digestive : mélisse + menthe poivrée apaise spasmes et ballonnements. Trio sommeil : mélisse + passiflore + valériane pour l'insomnie rebelle. Pour le stress avec palpitations : mélisse + aubépine calme cœur et esprit. Dosages types : 200-300mg de mélisse + doses standards des autres plantes. Ces associations sont utilisées depuis des siècles sans problème de sécurité [7]. Note importante : ces associations proviennent de la tradition ou de petites études, les données restent encore limitées et nécessitent confirmation.
La mélisse fait-elle dormir dans la journée ?
C'est là tout l'intérêt de la mélisse : elle calme SANS assommer ! Contrairement aux benzodiazépines, elle n'altère pas la vigilance diurne [1],[2]. Mécanisme subtil : elle module le GABA sans le saturer, procurant une détente naturelle. En journée : 300mg procurent un effet anxiolytique sans somnolence. Le soir : la même dose facilite l'endormissement naturel. Les études sur les patients opérés montrent une réduction de l'anxiété de 30% sans sédation excessive [8]. Parfaite pour le travail : concentration préservée avec stress diminué.
La mélisse aide-t-elle vraiment pour les problèmes digestifs nerveux ?
Absolument ! La mélisse est LA plante du ventre nerveux par excellence. Triple action : antispasmodique sur les muscles lisses, carminative (anti-gaz), et anxiolytique central [7]. Les huiles essentielles (citral, citronellal) détendent directement les spasmes intestinaux. L'effet anti-stress réduit la somatisation digestive. Traditionnellement utilisée depuis des siècles pour coliques, ballonnements, et syndrome du côlon irritable. Mode d'emploi : infusion chaude après les repas, ou 200-300mg d'extrait avant les repas stressants. Association gagnante avec la menthe poivrée pour un effet complet [10].
La mélisse aide-t-elle vraiment à dormir ?
Les études suggèrent que la mélisse pourrait favoriser un meilleur sommeil. Certaines recherches préliminaires rapportent une amélioration de 42% de l'insomnie après 15 jours d'utilisation [1],[8]. Concrètement : prenez 300-600mg d'extrait standardisé ou une infusion de 3-4g, 30 minutes à 1 heure avant le coucher. L'avantage de la mélisse : elle favoriserait l'endormissement sans créer de somnolence le lendemain, contrairement à certains somnifères. Association possible avec la valériane pour renforcer l'effet. Conseil pratique : commencez par une dose modérée et ajustez selon vos besoins. Ces résultats restent préliminaires et l'efficacité peut varier selon les personnes. Consultez un professionnel de santé en cas de troubles du sommeil persistants.
Quelle est la posologie de la mélisse en infusion ?
Pour une infusion classique, utilisez 1,5 à 4,5g de feuilles séchées (environ 1-2 cuillères à café) par tasse de 250ml d'eau bouillante. Laissez infuser 10 minutes à couvert puis filtrez. Fréquence selon l'usage : anxiété légère (2-3 tasses par jour), digestion difficile (1 tasse après chaque repas), sommeil (1 tasse concentrée 30 minutes avant le coucher). Pour les feuilles fraîches, doublez la quantité. Durée : les effets pourraient se manifester après 7-15 jours d'usage régulier selon certaines études [1]. Conseil : privilégiez une mélisse de qualité biologique pour éviter les résidus de pesticides. Note importante : ces dosages sont indicatifs et ne remplacent pas un avis médical personnalisé.
La mélisse est-elle sans danger pour la thyroïde ?
La mélisse pourrait théoriquement interférer avec la fonction thyroïdienne, d'où la prudence recommandée. Mécanisme supposé : certains composés de la mélisse pourraient légèrement diminuer l'activité thyroïdienne. Précautions : si vous avez une hypothyroïdie traitée, consultez votre médecin avant utilisation prolongée. Une surveillance de la TSH peut être conseillée après 3 mois d'usage régulier. Pour les personnes sans problème thyroïdien : aucun risque particulier rapporté aux doses usuelles. Les infusions occasionnelles sont généralement considérées comme sûres. Important : n'arrêtez jamais un traitement thyroïdien sans avis médical. Cette précaution reste théorique car peu d'effets cliniques significatifs ont été documentés [7].
Quelle différence entre infusion, extrait et huile essentielle de mélisse ?
Chaque forme a ses avantages spécifiques. L'infusion (1,5-4,5g/tasse) offre une action douce, idéale pour la digestion et la détente quotidienne, avec une biodisponibilité de 20-30%. L'extrait standardisé (type Cyracos 300-600mg/jour) garantit une concentration stable en principes actifs avec 65-75% de biodisponibilité, recommandé pour l'anxiété selon les études cliniques [1]. L'huile essentielle (très concentrée, 1-2 gouttes diluées) agit rapidement par voie cutanée ou olfactive, particulièrement pour l'herpès labial ou l'aromathérapie. Coût approximatif : infusion (économique), extrait (modéré), huile essentielle (plus onéreux). Conseil : commencez par l'infusion pour tester votre tolérance, puis optez pour l'extrait si vous recherchez des effets thérapeutiques documentés.
Références scientifiques
Références citées
- [1] Cases J, et al. Pilot trial of Melissa officinalis L. leaf extract in the treatment of volunteers suffering from mild-to-moderate anxiety disorders and sleep disturbances. Med J Nutrition Metab. 2011. URL: https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/22207903/
- [2] Haybar H, et al. The effects of Melissa officinalis supplementation on depression, anxiety, stress, and sleep disorder in patients with chronic stable angina. Clin Nutr ESPEN. 2018. URL: https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/29908682/
- [3] Schnitzler P, et al. Melissa officinalis oil affects infectivity of enveloped herpesviruses. Phytomedicine. 2008. URL: https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/18693101/
- [4] Astani A, et al. Melissa officinalis extract inhibits attachment of herpes simplex virus in vitro. Chemotherapy. 2012. URL: https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/22377592/
- [5] Noguchi-Shinohara M, et al. Effects of Melissa officinalis Extract Containing Rosmarinic Acid on Cognition in Older Adults Without Dementia: A Randomized Controlled Trial. J Alzheimers Dis. 2023. URL: https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/36502333/
- [6] Noguchi-Shinohara M, et al. Pharmacokinetics, Safety and Tolerability of Melissa officinalis Extract which Contained Rosmarinic Acid in Healthy Individuals. PLoS One. 2015. URL: https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/25978046/
- [7] Shakeri A, et al. Melissa officinalis L. - A review of its traditional uses, phytochemistry and pharmacology. J Ethnopharmacol. 2016. URL: https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/27167460/
- [8] Soltanpour A, et al. Effects of Melissa officinalis on anxiety and sleep quality in patients undergoing coronary artery bypass surgery. Eur J Integr Med. 2018. URL: https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S1876382018309892
- [9] Safari M, et al. The effects of melissa officinalis on depression and anxiety in type 2 diabetes patients with depression. BMC Complement Med Ther. 2023. URL: https://bmccomplementmedtherapies.biomedcentral.com/articles/10.1186/s12906-023-03978-x
- [10] Miraj S, et al. Melissa officinalis L: A Review Study With an Antioxidant Prospective. J Evid Based Complementary Altern Med. 2017. URL: https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC5871149/
Références complémentaires
- ANSES. Avis relatif à l'évaluation de la pertinence de l'application des avertissements et recommandations exprimés dans les monographies de plantes médicinales de l'EMA aux compléments alimentaires contenant ces mêmes plantes. Saisine n°2019-SA-0155. 2019. Pages 298-302. URL: https://www.anses.fr/fr/system/files/NUT2019SA0155.pdf