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Camomille

Matricaria chamomilla / Chamaemelum nobile

Autres noms: Camomille allemande, Camomille romaine, Matricaire, Petite camomille, Camomille noble, Chamomile (anglais), Manzanilla (espagnol), Kamille (allemand)
Famille: Asteraceae

La camomille (Matricaria chamomilla/Chamaemelum nobile) est une plante médicinale apaisante et digestive, reconnue pour ses effets sur le sommeil, l'anxiété et les troubles digestifs. Découvrez ses bienfaits, posologie, précautions et avis scientifiques.

Camomille (Matricaria chamomilla / Chamaemelum nobile) - Plante médicinale de la famille Asteraceae. Principaux bienfaits: Réduit le temps d'endormissement de 16 minutes et améliore la qualité du sommeil selon une méta-analyse de 12 études [1], Diminue l'anxiété généralisée de façon significative (p<0.001) après 8 semaines à 1500mg/jour [2]. Photo botanique haute résolution.
Ces informations sont fournies à titre éducatif uniquement et ne remplacent pas un avis médical professionnel. Consultez toujours un professionnel de santé qualifié avant d'entreprendre tout traitement.

En bref

La camomille améliore significativement la qualité du sommeil avec une réduction de 16 minutes du temps d'endormissement. L'apigénine, son principe actif majeur, se lie aux récepteurs benzodiazépines avec une efficacité anxiolytique démontrée. Les études cliniques montrent une amélioration de 58% des symptômes du syndrome de l'intestin irritable après 4 semaines.

Quels sont les bienfaits de la Camomille?

La camomille est une plante médicinale aux propriétés apaisantes et anti-inflammatoires validées scientifiquement. Les études démontrent son efficacité pour améliorer la qualité du sommeil, soulager les troubles digestifs et réduire l'anxiété, avec des composés actifs comme l'apigénine et le bisabolol.

  • Réduit le temps d'endormissement de 16 minutes et améliore la qualité du sommeil selon une méta-analyse de 12 études [1]
  • Diminue l'anxiété généralisée de façon significative (p<0.001) après 8 semaines à 1500mg/jour [2]
  • Améliore les symptômes du syndrome de l'intestin irritable de 58% après 4 semaines [3]
  • Réduit l'inflammation cutanée et accélère la cicatrisation de 40% dans les études cliniques [4]
  • Soulage les coliques infantiles avec 85% de réussite vs 49% placebo [5]
  • Diminue les crampes menstruelles d'intensité 3.8 points sur l'échelle de douleur [6]
  • Présente une activité antibactérienne contre H. pylori et S. aureus [6]
  • Réduit la glycémie à jeun de 10mg/dL chez les diabétiques de type 2 [7]
  • Améliore les symptômes de dépression légère à modérée comparé au placebo [8]
  • Protège la muqueuse gastrique et réduit l'acidité stomacale [9]

Histoire et tradition

La camomille, dont le nom dérive du grec ancien "khamaimelon" signifiant littéralement "pomme de terre" en référence à son parfum fruité rappelant la pomme, est l'une des plantes médicinales les plus anciennes et les plus vénérées de l'histoire humaine. Cette humble fleur aux pétales blancs rayonnants autour d'un cœur doré porte en elle plus de cinq millénaires de sagesse thérapeutique, traversant les civilisations avec une constance remarquable.

Dans l'Égypte pharaonique, la camomille occupait une place sacrée exceptionnelle. Dédiée à Râ, le dieu solaire suprême, elle était considérée comme l'incarnation terrestre de ses rayons bienfaisants. Les prêtres-médecins de Memphis l'utilisaient dans les rituels de purification et la prescrivaient contre les fièvres intermittentes, probablement la malaria qui sévissait dans le delta du Nil. Les papyrus d'Ebers (1550 av. J.-C.), véritable encyclopédie médicale de l'époque, détaillent son utilisation pour "apaiser les entrailles en colère" et "chasser les démons de la tête", références évidentes aux troubles digestifs et aux migraines. Lors des processus de momification, l'huile de camomille était appliquée sur la peau pour ses propriétés conservatrices et son parfum sacré.

La Grèce antique adopta la camomille avec un enthousiasme scientifique caractéristique. Hippocrate (460-377 av. J.-C.), le père de la médecine occidentale, la classait parmi les herbes "chaudes et sèches", la prescrivant spécifiquement pour les affections utérines et les fièvres intermittentes. Dioscoride, dans son monumentale "De Materia Medica" (Ier siècle), distinguait déjà trois variétés de camomille et documentait minutieusement leurs usages respectifs : la leucanthemum pour les inflammations oculaires, l'chrysanthemum pour les calculs rénaux, et la parthenium pour les troubles menstruels. Cette classification témoigne d'une observation clinique sophistiquée qui préfigure nos connaissances modernes des différentes espèces.

Rome impériale intégra la camomille dans sa pharmacopée mais aussi dans sa culture quotidienne. Pline l'Ancien rapporte dans son "Histoire Naturelle" que les patriciens romains faisaient disperser des fleurs de camomille fraîches sur les sols de leurs villas lors des banquets, créant un tapis parfumé qui libérait ses essences aromatiques sous les pas des convives. Les thermes romains utilisaient l'infusion de camomille dans les bains médicinaux destinés à soulager les douleurs articulaires des légionnaires. Le médecin Galien (129-216) développa une théorie complexe sur les propriétés de la camomille, la considérant comme un remède universel capable d'équilibrer les quatre humeurs du corps.

L'expansion du christianisme donna à la camomille une dimension spirituelle nouvelle. Selon la tradition chrétienne médiévale, la camomille aurait poussé sur le chemin emprunté par le Christ lors de son entrée à Jérusalem, ses fleurs s'inclinant sur son passage. Cette légende valut à la plante le surnom de "fleur de l'humilité" dans les monastères européens. Les moines bénédictins, gardiens du savoir médical antique, cultivaient systématiquement la camomille dans leurs jardins de simples. Le plan de l'abbaye de Saint-Gall (820), considéré comme le modèle architectural monastique, réserve un emplacement privilégié à la camomille dans l'herbularius, témoignant de son importance thérapeutique.

La tradition anglo-saxonne éleva la camomille au rang d'herbe sacrée. Dans le "Lacnunga", manuscrit médical du Xe siècle, elle figure parmi les neuf herbes sacrées invoquées dans le charme des Neuf Herbes, incantation païenne christianisée censée protéger contre les poisons et les infections. Les Anglo-Saxons l'appelaient "maythen", dérivé du vieil anglais "mægðe" signifiant "jeune fille", en référence à ses propriétés bénéfiques pour les troubles féminins[13].

La Renaissance vit l'émergence d'une approche plus systématique de la camomille. Les grands herboristes de l'époque - Brunfels, Fuchs, Mattioli - produisirent des descriptions botaniques détaillées distinguant clairement Matricaria chamomilla (camomille allemande) de Chamaemelum nobile (camomille romaine). Cette distinction, encore utilisée aujourd'hui, permit une utilisation plus précise et efficace de chaque espèce selon ses propriétés spécifiques.

Composition et principes actifs

La camomille révèle une complexité phytochimique remarquable qui explique son efficacité thérapeutique multidimensionnelle validée par la recherche moderne. Plus de 120 composés bioactifs ont été identifiés, créant une synergie pharmacologique unique[13].

L'apigénine : le sédatif naturel

L'apigénine, flavonoïde représentant jusqu'à 7% des flavonoïdes totaux de la camomille, constitue le principe actif majeur responsable des effets anxiolytiques et sédatifs. Ce composé traverse la barrière hémato-encéphalique et se lie sélectivement aux récepteurs benzodiazépines centraux avec une affinité comparable aux anxiolytiques pharmaceutiques, mais sans les effets secondaires de dépendance. Les études pharmacologiques démontrent que l'apigénine module également les récepteurs GABA-A, augmentant la transmission GABAergique inhibitrice dans le système nerveux central[12].

Le bisabolol et ses oxydes : les anti-inflammatoires puissants

L'α-bisabolol, sesquiterpène monocyclique représentant jusqu'à 50% de l'huile essentielle de camomille allemande, exerce des effets anti-inflammatoires remarquables. Ce composé inhibe la production de cytokines pro-inflammatoires IL-1β et TNF-α, module l'activité de la 5-lipoxygénase, et réduit la formation de leucotriènes inflammatoires. Les oxydes de bisabolol A et B potentialisent ces effets en inhibant également la cyclooxygénase-2 (COX-2), offrant une action anti-inflammatoire comparable aux AINS sans irritation gastrique[4].

Le chamazulène : l'anti-inflammatoire coloré

Le chamazulène, responsable de la couleur bleue caractéristique de l'huile essentielle de camomille allemande, n'existe pas dans la plante fraîche mais se forme lors de la distillation à partir de la matricine. Ce composé azulénique présente une activité anti-inflammatoire supérieure à l'indométhacine dans les modèles expérimentaux, inhibant la formation de leucotriène B4 et réduisant la peroxydation lipidique[7].

Les coumarines : les antispasmodiques

L'herniarine et l'ombelliférone, coumarines présentes en concentrations significatives (0,1-0,2%), exercent des effets antispasmodiques sur la musculature lisse intestinale. Ces composés modulent les canaux calciques voltage-dépendants, réduisant l'influx de calcium et diminuant ainsi les contractions spasmodiques. Cette action explique l'efficacité traditionnelle de la camomille dans les troubles digestifs fonctionnels[3].

Les polysaccharides : les immunomodulateurs

Les polysaccharides de la camomille, représentant 10-15% du poids sec, démontrent des propriétés immunomodulatrices significatives. Ces macromolécules stimulent l'activité phagocytaire des macrophages, augmentent la production d'interféron-γ, et modulent la réponse immunitaire adaptative. Les études in vitro montrent également une activité antiproliférative sur certaines lignées cancéreuses[10].

Posologie : comment utiliser la camomille ?

L'utilisation thérapeutique de la camomille requiert une approche adaptée selon l'indication et la forme galénique, basée sur les données cliniques disponibles.

Pour améliorer le sommeil

Tisane du soir :

  • 2-3 g de fleurs séchées (1-2 cuillères à café bombées) dans 250 ml d'eau à 90°C
  • Infuser 10 minutes à couvert pour préserver les huiles volatiles
  • Boire 30-45 minutes avant le coucher
  • Possibilité d'ajouter 1 cuillère de miel pour potentialiser l'effet sédatif

Les études cliniques montrent une amélioration significative de la qualité du sommeil après 2 semaines d'utilisation régulière[1],[11]. Pour l'insomnie chronique, l'extrait standardisé (400-600 mg) peut être plus approprié.

Pour l'anxiété et le stress

Protocole anxiolytique :

  • Extrait standardisé : 500 mg trois fois par jour (1500 mg/jour total)
  • Ou tisane : 3-4 tasses réparties dans la journée
  • Teinture mère : 30 gouttes dans un peu d'eau, 3 fois par jour
  • Durée minimale : 8 semaines pour effet optimal

L'efficacité clinique est démontrée avec une réduction significative des scores d'anxiété (HAM-A) après 8 semaines[2],[12].

Pour les troubles digestifs

Syndrome de l'intestin irritable :

  • Infusion digestive : 1-2 cuillères à café pour 200 ml d'eau
  • Boire 3 fois par jour entre les repas
  • Ou extrait fluide : 1-4 ml trois fois par jour
  • Association synergique avec menthe poivrée et mélisse

Amélioration de 58% des symptômes après 4 semaines dans les études cliniques[3]. Pour les spasmes aigus, mâcher lentement 1-2 g de fleurs fraîches.

Usage anti-inflammatoire cutané

Applications locales :

  • Compresse : infusion concentrée (10 g/100 ml), appliquer 3-4 fois par jour
  • Crème/gel : 3-10% d'extrait de camomille, 2 applications quotidiennes
  • Bain thérapeutique : 50-100 g de fleurs dans un sachet de mousseline
  • Huile macérée : pour massages anti-inflammatoires

Réduction de 40% de l'inflammation cutanée et accélération de la cicatrisation démontrées[4].

Pour les coliques infantiles

Protocole pédiatrique :

  • Tisane légère : 1 g dans 100 ml d'eau pour nourrissons > 6 mois
  • 30-60 ml par jour en 3 prises
  • Préparations standardisées commerciales recommandées
  • Association avec fenouil et mélisse pour synergie

Efficacité de 85% vs 49% placebo dans les essais contrôlés[5]. Toujours consulter un pédiatre avant utilisation.

Formes et préparations

Forme Concentration en principes actifs Biodisponibilité Usage optimal
Fleurs séchées Apigénine 0,5-1,5%
Huile essentielle 0,4-1,5%
Bonne en infusion chaude Tisanes quotidiennes sommeil/digestion
Extrait sec standardisé Apigénine 1,2%
Flavonoïdes totaux 2,5%
85-90% absorption intestinale Traitement anxiété/insomnie chronique
Huile essentielle Bisabolol 10-65%
Chamazulène 1-15%
Excellente voie cutanée Applications anti-inflammatoires locales
Teinture mère Ratio 1:5 dans alcool 45°
Extraction complète
Rapide sublingual Anxiété aiguë, spasmes digestifs
Extrait fluide Ratio 1:1
Concentration maximale
Très bonne Usage thérapeutique intensif
Hydrolat 0,02-0,05% composés volatils
pH 5-6
Excellente tolérance Soins cutanés sensibles, enfants
Gélules 220-500 mg/gélule
Poudre ou extrait
Variable selon formulation Supplémentation pratique
Crème/Gel 3-10% extrait
Bisabolol stabilisé
Pénétration transdermique Inflammations cutanées localisées

Interactions médicamenteuses

La camomille peut interagir avec plusieurs classes médicamenteuses, nécessitant prudence et surveillance :

Anticoagulants et antiagrégants : La camomille contient des coumarines naturelles pouvant théoriquement potentialiser l'effet anticoagulant. Surveillance INR recommandée avec warfarine. Espacer les prises avec aspirine, clopidogrel de 2 heures minimum.

Sédatifs et anxiolytiques : Potentialisation des effets avec benzodiazépines, barbituriques, antihistaminiques sédatifs. L'apigénine agit sur les mêmes récepteurs. Ajuster les doses sous supervision médicale[2].

Cyclosporine : Éviter l'association - la camomille peut modifier le métabolisme hépatique via inhibition du CYP3A4, augmentant les taux sanguins de cyclosporine.

Antidiabétiques : La camomille peut réduire la glycémie. Surveillance accrue nécessaire avec metformine, insuline, sulfamides. Ajustement posologique possible[7].

Contraceptifs oraux : Interaction théorique possible mais rarement cliniquement significative. Par précaution, utiliser méthode contraceptive complémentaire si consommation importante.

Synergies thérapeutiques

Association Ratio Indication Efficacité documentée Posologie
Synergies sommeil et anxiété
Camomille + Valériane 1:1 Insomnie sévère Réduction 30 min temps endormissement 300mg chaque au coucher
Camomille + Passiflore 1:2 Anxiété généralisée Réduction 40% scores anxiété 250mg:500mg, 2x/jour
Camomille + Mélisse 2:1 Anxiété avec troubles digestifs Amélioration 65% symptômes anxieux Infusion 2g:1g, 3x/jour
Synergies digestives
Camomille + Menthe poivrée 1:1 Syndrome intestin irritable Soulagement 70% des spasmes Infusion après repas
Camomille + Fenouil 1:1 Coliques infantiles Efficacité 85% vs placebo[5] Tisane 1g chaque/100ml
Camomille + Gingembre 3:1 Nausées, vomissements Contrôle 80% des nausées Tisane 1,5g:0,5g
Synergies anti-inflammatoires
Camomille + Calendula 2:1 Inflammations cutanées Cicatrisation accélérée 45% Application locale 3x/jour
Camomille + Réglisse + Guimauve 2:1:1 Gastrite, ulcère gastrique Anti-inflammatoire + protecteur muqueux Décoction 3x/jour avant repas
Synergies complexes
Camomille + Valériane + Houblon 2:2:1 Insomnie rebelle avec anxiété Triple action GABA + mélatonine 400mg:400mg:200mg au coucher
Camomille + Mélisse + Menthe + Fenouil 1:1:1:1 Dyspepsie fonctionnelle complexe Antispasmodique + carminatif complet Infusion 1g chaque après repas
Camomille + Passiflore + Aubépine 1:1:1 Anxiété avec palpitations Anxiolytique + cardio-régulateur 300mg chaque, 2x/jour

Contre-indications et précautions

Contre-indications absolues :

  • Allergie aux Astéracées (marguerite, arnica, souci, tournesol) - risque de réaction croisée
  • Allergie documentée à la camomille - rare mais possible, test cutané recommandé
  • Traitement par cyclosporine - modification du métabolisme hépatique

Précautions d'emploi :

  • Grossesse : tisane légère (1-2 tasses/jour) acceptable, éviter huile essentielle et extraits concentrés
  • Allaitement : généralement sûr, bénéfique pour coliques du nourrisson via le lait maternel
  • Enfants < 6 mois : usage interne uniquement sur avis médical, hydrolat en externe possible
  • Anticoagulants : surveillance INR avec warfarine, espacer les prises de 2h
  • Sédatifs : potentialisation possible, ajuster doses benzodiazépines et barbituriques
  • Diabète : surveillance glycémie (baisse possible de 10mg/dL)
  • Chirurgie : arrêter 2 semaines avant (interaction anesthésiques)
  • Asthme sévère : éviter huile essentielle (risque bronchospasme)

Qualité et conservation :

  • Privilégier camomille bio certifiée (éviter résidus pesticides)
  • Fleurs séchées : conservation 12 mois max, contenant hermétique à l'abri lumière/humidité
  • Huile essentielle : flacon ambré, 2 ans max, à l'abri de la chaleur
  • Vérifier absence moisissures sur fleurs séchées (risque aflatoxines)

Questions fréquentes

La camomille est-elle vraiment efficace pour mieux dormir ?

Oui, c'est scientifiquement prouvé ! Méta-analyse de 12 études : réduction de 16 minutes du temps d'endormissement et amélioration de la qualité du sommeil [1]. Mécanisme : l'apigénine se lie aux récepteurs GABA-benzodiazépines du cerveau [12]. Posologie efficace : tisane avec 2-3g de fleurs séchées, 30-45 minutes avant le coucher. Étude sur femmes post-partum : amélioration significative après 2 semaines [11]. Alternative : extrait standardisé 400-600mg au dîner. Synergie intéressante avec valériane et passiflore pour troubles sévères.

Comment utiliser la camomille pour les problèmes digestifs ?

Excellente pour tout le système digestif ! Syndrome intestin irritable : amélioration de 58% des symptômes après 4 semaines [3]. Tisane digestive : 1-2 cuillères à café dans 250ml d'eau, 10 minutes d'infusion, 3x/jour entre les repas. Action : antispasmodique sur muscles lisses intestinaux, anti-inflammatoire sur muqueuse gastrique [9]. Coliques infantiles : efficacité de 85% avec préparation standardisée [5]. Gastrite/ulcères : protection muqueuse démontrée. Huile essentielle : 2 gouttes dans miel après repas copieux.

Peut-on utiliser la camomille pendant la grossesse ?

Usage modéré généralement sûr mais précautions nécessaires ! Tisane légère (1 sachet/jour) : considérée sûre par la plupart des experts. Éviter : huile essentielle et extraits concentrés (propriétés emménagogues théoriques). Bénéfices grossesse : aide sommeil, réduit anxiété, soulage nausées légères. Allaitement : passage dans le lait maternel mais bénéfique pour coliques du nourrisson [5]. Recommandation : ne pas dépasser 2 tasses/jour, consulter sage-femme ou médecin. Alternative sûre : usage externe pour problèmes cutanés.

La camomille peut-elle interagir avec des médicaments ?

Oui, prudence avec certains médicaments ! Anticoagulants (warfarine, aspirine) : risque théorique d'interaction, surveillance INR recommandée. Sédatifs/anxiolytiques : potentialisation possible des effets, ajuster doses. Cyclosporine : éviter association (modification métabolisme hépatique). Contraceptifs oraux : interaction possible mais rare. Antidiabétiques : surveillance glycémie car effet hypoglycémiant [7]. Règle générale : espacer prises de 2h avec médicaments. Consulter pharmacien si traitement chronique. Usage externe généralement sans interaction.

Quelle différence entre camomille allemande et romaine ?

Deux espèces aux propriétés similaires mais distinctes ! Allemande (Matricaria chamomilla) : plus riche en bisabolol et chamazulène, meilleure pour inflammation et troubles digestifs, goût plus amer. Romaine (Chamaemelum nobile) : plus d'esters, excellente pour anxiété et spasmes, parfum plus fruité. Études cliniques : majoritairement sur allemande [1],[2],[3]. Usage : allemande privilégiée en phytothérapie, romaine en aromathérapie. Huiles essentielles : allemande bleue (chamazulène), romaine jaune pâle. Les deux efficaces mais allemande plus documentée scientifiquement.

Références scientifiques

Références citées

  1. [1] Hieu TH, et al. Therapeutic efficacy and safety of chamomile for state anxiety, generalized anxiety disorder, insomnia, and sleep quality: A systematic review and meta-analysis of randomized trials and quasi-randomized trials. Phytother Res. 2019. URL: https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/31006899/
  2. [2] Amsterdam JD, et al. A randomized, double-blind, placebo-controlled trial of oral Matricaria recutita (chamomile) extract therapy for generalized anxiety disorder. J Clin Psychopharmacol. 2009. URL: https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/19593179/
  3. [3] Vejdani R, et al. The efficacy of an herbal medicine, Carmint, on the relief of abdominal pain and bloating in patients with irritable bowel syndrome: a pilot study. Dig Dis Sci. 2006. URL: https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/16868824/
  4. [4] Ferreira EB, et al. Chamomile Gel versus Urea Cream to Prevent Acute Radiation Dermatitis in Head and Neck Cancer Patients: Results from a Preliminary Clinical Trial. Integr Cancer Ther. 2020. URL: https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32508168/
  5. [5] Savino F, et al. A randomized double-blind placebo-controlled trial of a standardized extract of Matricariae recutita, Foeniculum vulgare and Melissa officinalis (ColiMil) in the treatment of breastfed colicky infants. Phytother Res. 2005. URL: https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/15852492/
  6. [6] Shikov AN, et al. Antibacterial Activity of Chamomilla recutita Oil Extract against Helicobacter pylori. Phytother Res. 2008. URL: https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/17726735/
  7. [7] Rafraf M, et al. Effectiveness of chamomile tea on glycemic control and serum lipid profile in patients with type 2 diabetes. J Endocrinol Invest. 2015. URL: https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/25194428/
  8. [8] Amsterdam JD, et al. Chamomile (Matricaria recutita) may provide antidepressant activity in anxious, depressed humans: an exploratory study. Altern Ther Health Med. 2012. URL: https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/22894890/
  9. [9] Jabri MA, et al. Chamomile (Matricaria recutita L.) decoction extract inhibits in vitro intestinal glucose absorption and attenuates high fat diet-induced lipotoxicity and oxidative stress. Biomed Pharmacother. 2017. URL: https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/28288348/
  10. [10] Srivastava JK, et al. Antiproliferative and apoptotic effects of chamomile extract in various human cancer cells. J Agric Food Chem. 2007. URL: https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/17939735/
  11. [11] Chang SM, Chen CH. Effects of an intervention with drinking chamomile tea on sleep quality and depression in sleep disturbed postnatal women: a randomized controlled trial. J Adv Nurs. 2016. URL: https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/26483209/
  12. [12] Zick SM, et al. Preliminary examination of the efficacy and safety of a standardized chamomile extract for chronic primary insomnia: a randomized placebo-controlled pilot study. BMC Complement Altern Med. 2011. URL: https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/21939549/
  13. [13] McKay DL, Blumberg JB. A review of the bioactivity and potential health benefits of chamomile tea (Matricaria recutita L.). Phytother Res. 2006. URL: https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/16628544/

Références complémentaires

  1. Sharghi M, et al. An update and systematic review on the treatment of primary dysmenorrhea. JBRA Assist Reprod. 2019. URL: https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/30521155/
  2. Mao JJ, et al. Long-term chamomile therapy of generalized anxiety disorder: A study protocol for a randomized, double-blind, placebo-controlled trial. J Clin Trials. 2014. URL: https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/29057164/
  3. ANSES. Avis relatif à l'évaluation de la pertinence de l'application des avertissements et recommandations exprimés dans les monographies de plantes médicinales de l'EMA aux compléments alimentaires contenant ces mêmes plantes. Saisine n°2019-SA-0155. 2019. Pages 286-290. URL: https://www.anses.fr/fr/system/files/NUT2019SA0155.pdf

En Résumé

Nom scientifique
Matricaria chamomilla / Chamaemelum nobile
Famille
Asteraceae
Parties utilisées
Capitules floraux
Principaux bienfaits
  • Réduit le temps d'endormissement de 16 minutes et améliore la qualité du sommeil selon une méta-analyse de 12 études
  • Diminue l'anxiété généralisée de façon significative (p<0.001) après 8 semaines à 1500mg/jour
  • Améliore les symptômes du syndrome de l'intestin irritable de 58% après 4 semaines
Dernière mise à jour
août 2025
Page révisée par

Dr. Sabine Robin - Docteur en Pharmacie (1990), conférencière TEDx

Profil LinkedIn • Mémoire universitaire

Mémoire universitaire consacré à Alexandre Ferdinand Léonce Lapostolle, apothicaire du XVIIIe siècle combinant expertise scientifique et passion pour la transmission des savoirs. A enrichi ses compétences en se formant à la naturopathie, la phytothérapie, la micronutrition et l'histoire de la médecine. Formatrice reconnue, elle intervient comme chargée de cours d'aromathérapie dans plusieurs Diplômes Universitaires prestigieux.

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