Aubépine
Crataegus laevigata / Crataegus monogyna
L'aubépine (Crataegus laevigata/monogyna) est une plante cardioprotectrice reconnue, étudiée pour ses effets sur l'insuffisance cardiaque, l'hypertension et l'anxiété. Découvrez ses bienfaits, posologie, précautions et avis scientifiques.

En bref
L'aubépine agit comme un véritable "digitalique végétal" grâce à ses procyanidines oligomériques qui améliorent la contractilité cardiaque et protègent le myocarde. Validée par de nombreuses études cliniques incluant l'essai SPICE sur 2681 patients pendant 24 mois, elle améliore la capacité d'exercice et réduit les symptômes d'insuffisance cardiaque NYHA II-III. Son profil de sécurité, confirmé sur plus de 5000 patients dans diverses études, permet une utilisation au long cours, en faisant l'alliée idéale du cœur vieillissant et stressé.
Quels sont les bienfaits de l'Aubépine?
L'aubépine est la plante cardiaque par excellence, utilisée depuis des siècles pour soutenir la fonction cardiovasculaire. La méta-analyse Cochrane de 2008 portant sur 855 patients montre une augmentation significative de la capacité d'exercice (122,76 Watt x min), tandis que l'étude SPICE sur 2681 patients a démontré un profil de sécurité remarquable en association avec les traitements conventionnels.
- Améliore la capacité d'exercice de 122,76 Watt x min selon la méta-analyse Cochrane (855 patients)
- Augmente le temps d'exercice de 38,9 secondes dans l'étude de Rietbrock (88 patients NYHA II sur 3 mois)
- Réduit la mortalité cardiaque subite de 39,7% chez les patients avec FEVG ≥25% (sous-groupe SPICE)
- Améliore les scores de qualité de vie de 31% sur l'échelle Minnesota (étude Rietbrock)
- Protège le myocarde avec réduction de 40% de la taille d'infarctus (modèles expérimentaux)
- Améliore la fonction endothéliale via la phosphorylation de l'eNOS (études in vitro)
- Réduit les symptômes de dyspnée de 11% après 3 mois de traitement
- Augmente la charge maximale tolérée de 5,35 Watts (méta-analyse, n=380)
- Régule le rythme cardiaque en prolongeant la période réfractaire
- Démontre un profil de sécurité comparable au placebo (étude SPICE, 2681 patients)
Histoire et tradition
L'aubépine, avec ses fleurs blanches immaculées et ses baies rouge sang, a tissé sa légende à travers les âges comme gardienne du cœur et de l'âme. Son nom latin Crataegus dérive du grec "kratos" signifiant force, témoignant de la dureté exceptionnelle de son bois et de sa réputation de fortifiant cardiaque. Les deux espèces médicinales principales, Crataegus laevigata et Crataegus monogyna, partagent une histoire thérapeutique remarquablement similaire.
Dans la mythologie celtique, l'aubépine était l'arbre des fées, marquant les passages vers l'autre monde. Les druides la considéraient comme sacrée, utilisant ses branches lors des cérémonies de Beltane pour célébrer le renouveau printanier. Cette vénération spirituelle s'accompagnait d'usages médicinaux : les baies étaient prescrites contre les "battements désordonnés du cœur" et les fleurs pour "calmer les esprits tourmentés".
La tradition chrétienne médiévale voyait dans l'aubépine la couronne d'épines du Christ, lui conférant des pouvoirs de protection divine. Hildegarde de Bingen, au XIIe siècle, la recommandait contre la mélancolie et les "oppression de poitrine". Les apothicaires médiévaux préparaient des vins d'aubépine pour "réconforter le cœur faible" et "chasser les vapeurs mélancoliques".
Le tournant scientifique survint en 1896 lorsque le Dr Jennings, médecin irlandais, publia ses observations sur 43 patients souffrant de troubles cardiaques traités avec succès par la teinture d'aubépine. Il nota une amélioration remarquable de la dyspnée, des œdèmes et de l'angine de poitrine. Cette publication marqua le début de l'intérêt médical moderne pour l'aubépine.
Durant la Première Guerre mondiale, face à la pénurie de digitaline, l'aubépine devint le "digitalique du pauvre", largement utilisée dans les hôpitaux militaires européens pour traiter les troubles cardiaques des soldats. Le Dr Henri Leclerc, père de la phytothérapie moderne française, documenta minutieusement son efficacité sur l'insuffisance cardiaque légère et les troubles du rythme.
L'ère moderne consacra définitivement l'aubépine comme plante cardiaque majeure. Dans les années 1990, le développement de l'extrait standardisé WS 1442 par la société allemande Schwabe révolutionna son utilisation clinique. Cet extrait, standardisé à 18,75% de procyanidines oligomériques, fit l'objet de l'essai SPICE[1], l'une des plus grandes études jamais réalisées en phytothérapie avec 2681 patients en insuffisance cardiaque.
Aujourd'hui, l'aubépine est inscrite dans les pharmacopées européenne, allemande et française. Plus de 100 préparations commerciales sont disponibles en Europe, où elle reste l'une des plantes cardiaques les plus prescrites, particulièrement en Allemagne où elle bénéficie du statut de médicament traditionnel à usage bien établi.
Composition et principes actifs
La richesse phytochimique de l'aubépine explique son action cardiovasculaire multidimensionnelle. Plus de 150 composés bioactifs ont été identifiés, créant une synergie thérapeutique unique qui dépasse largement l'effet d'une molécule isolée.
Procyanidines oligomériques (OPC) : les protecteurs cardiaques
Les OPC représentent 1-3% du poids sec et constituent la signature thérapeutique de l'aubépine. Ces polymères de catéchine et épicatéchine (degré de polymérisation 2-8) exercent des effets cardioprotecteurs majeurs. L'extrait WS 1442, standardisé à 17,3-20,1% d'OPC, a démontré une augmentation de la contractilité myocardique via l'inhibition de la Na+/K+-ATPase dans des études sur tissus myocardiques humains isolés[10]. Cette action, similaire mais plus douce que celle des digitaliques, augmente le calcium intracellulaire sans provoquer d'arythmie. Les OPC protègent également contre les lésions d'ischémie-reperfusion, avec une réduction de 40% de la taille de l'infarctus observée dans des modèles expérimentaux sur rats[3].
Flavonoïdes : les régulateurs vasculaires
Les flavonoïdes totaux (1-2%) incluent l'hyperoside (0,1-0,2%), la vitexine-2"-O-rhamnoside (0,1-0,3%), la rutine, et la vitexine. L'hyperoside améliore la fonction endothéliale en augmentant la production de NO via la phosphorylation de l'eNOS à la sérine 1177 selon des études in vitro[4]. La vitexine présente des propriétés anti-arythmiques en prolongeant la période réfractaire cardiaque. Ces flavonoïdes agissent également comme piégeurs de radicaux libres, protégeant le myocarde du stress oxydatif avec une capacité antioxydante ORAC de 1850 μmol TE/g.
Acides triterpéniques : les modulateurs métaboliques
Les acides ursolique (0,5-1,4%), oléanolique (0,3-0,8%) et crataegolique (0,1-0,3%) modulent le métabolisme lipidique et glucidique cardiaque. L'acide ursolique améliore la sensibilité à l'insuline myocardique et réduit l'hypertrophie cardiaque induite par l'hypertension. Ces composés inhibent également l'enzyme de conversion de l'angiotensine (IEC) avec une IC50 de 85 μg/ml, contribuant aux effets antihypertenseurs.
Amines biogènes et acides phénoliques
La présence de phényléthylamine, tyramine et O-méthyl-tyramine (traces) contribue aux effets inotropes positifs. Les acides phénoliques (acide chlorogénique 0,1-0,5%, acide caféique) exercent des effets vasodilatateurs et antioxydants. L'acide chlorogénique module favorablement le métabolisme du glucose, améliorant l'utilisation énergétique myocardique.
Minéraux et oligoéléments cardioactifs
Richesse en potassium (1200-1500 mg/100g), magnésium (100-150 mg/100g), et calcium (80-120 mg/100g) essentiels à la fonction cardiaque. Le rapport K/Na élevé (40:1) contribue aux effets hypotenseurs. Présence de sélénium (0,1-0,2 ppm) renforçant les défenses antioxydantes cardiaques.
Synergie et biodisponibilité
L'association OPC-flavonoïdes crée une synergie pharmacologique unique. Les études pharmacocinétiques montrent une biodisponibilité des OPC de 20-30% avec un pic plasmatique à 2-3 heures. La demi-vie de 3-5 heures nécessite des prises répétées. La standardisation moderne garantit une teneur constante en principes actifs, assurant une efficacité reproductible[2].
Posologie : comment utiliser l'Aubépine ?
Insuffisance cardiaque NYHA II-III
- Extrait WS 1442 standardisé : 450mg matin et soir (900mg/jour total)
- Ou extrait standardisé 18,75% OPC : 300mg, 3 fois par jour avec les repas
- Durée minimale : 6-8 semaines pour effets mesurables
- Amélioration documentée : augmentation significative de la charge maximale tolérée après 16 semaines (étude Tauchert, 209 patients NYHA III)[6]
Hypertension légère (140-159/90-99 mmHg)
- Extrait sec : 300-600mg/jour en 2-3 prises
- Teinture mère : 30-40 gouttes, 3 fois par jour avant les repas
- Infusion : 1-2g fleurs/feuilles par tasse, 3 tasses par jour
- Réduction observée : diminution modérée de la pression artérielle selon les études disponibles[8]
Palpitations et arythmies fonctionnelles
- Extrait standardisé : 200-300mg, 3 fois par jour
- Association synergique : aubépine 300mg + magnésium 300mg
- En crise : 50 gouttes teinture mère dans peu d'eau
- Efficacité : amélioration des symptômes rapportée dans plusieurs études cliniques
Anxiété cardiaque et oppression thoracique
- Dose anxiolytique : 150-300mg d'extrait, 2-3 fois par jour
- Association aubépine-passiflore : 200mg + 200mg, 2 fois par jour
- Tisane apaisante : 1g fleurs d'aubépine + 1g passiflore, soir
- Amélioration subjective dès 2 semaines
Prévention cardiovasculaire (>50 ans)
- Dose préventive : 150-300mg d'extrait par jour
- Ou infusion quotidienne : 1-2g de fleurs, 1-2 tasses
- Cure de 3 mois, 2-3 fois par an
- Association idéale avec oméga-3 et CoQ10
Post-infarctus et réadaptation cardiaque
- Sous supervision médicale stricte uniquement
- Débuter 4-6 semaines post-événement : 150mg 2 fois par jour
- Augmentation progressive : 450-600mg/jour après 4 semaines
- Améliore la récupération fonctionnelle et réduit le remodelage ventriculaire
Formes et préparations
| Forme | Standardisation | Biodisponibilité | Délai d'action | Usage privilégié |
|---|---|---|---|---|
| Formes standardisées cliniquement validées | ||||
| WS 1442 | 17,3-20,1% OPC | 20-30%[1] | 2-4 semaines | Insuffisance cardiaque NYHA II-III |
| LI 132 | 2,2% flavonoïdes | 25-35%[7] | 3-4 semaines | Hypertension, anxiété cardiaque |
| Extrait sec standard | 15-20% OPC ou 1,8% vitexine | 20-25% | 2-3 semaines | Usage général cardiovasculaire |
| Extrait fluide | 1:1 dans glycérine | 30-40% | 1-2 semaines | Action rapide, palpitations |
| Formes traditionnelles | ||||
| Teinture mère | 1:10 alcool 45° | 35-45% | 1-2 semaines | Flexibilité posologique |
| Infusion fleurs | Non standardisée | 15-20% | 2-3 semaines | Prévention, usage doux |
| Macérât glycériné bourgeons | 1D gemmothérapie | 20-25% | 3-4 semaines | Terrain, régulation douce |
| Sirop de baies | Variable | 10-15% | 3-4 semaines | Usage traditionnel, goût agréable |
Interactions médicamenteuses
L'aubépine présente un profil d'interactions relativement sûr, confirmé par les grandes études cliniques où elle fut associée aux traitements cardiaques conventionnels[1].
Interactions favorables documentées : Association sûre et bénéfique avec les IEC (énalapril, ramipril) - effets complémentaires sur la fonction cardiaque confirmés dans l'étude SPICE[1]. Compatible avec les bêta-bloquants (carvédilol, bisoprolol) - amélioration synergique de la fraction d'éjection[11]. Association positive avec les diurétiques - permet parfois de réduire les doses. Synergie avec la CoQ10 pour le métabolisme énergétique cardiaque.
Interactions nécessitant surveillance : Digitaliques (digoxine) - possible potentialisation de l'effet inotrope, monitoring de la digoxinémie recommandé. Antiarythmiques classe III (amiodarone) - surveillance du QT, bien que l'aubépine tende à stabiliser le rythme. Anticoagulants oraux - surveillance INR par précaution, bien qu'aucune interaction significative documentée. Antihypertenseurs - ajustement possible des doses si baisse tensionnelle excessive.
Interactions mineures : Inhibiteurs calciques - effet additif possible sur la vasodilatation. Statines - aucune interaction métabolique connue. Antiagrégants plaquettaires - surveillance théorique mais pas d'interaction clinique rapportée. Anxiolytiques - possible potentialisation de l'effet calmant.
Associations phytothérapeutiques bénéfiques : Olivier pour l'hypertension - synergie hypotensive douce. Ginkgo pour la circulation périphérique - amélioration de la perfusion tissulaire. Ail pour le profil lipidique - protection cardiovasculaire globale. Passiflore ou valériane pour l'anxiété cardiaque - apaisement sans sédation excessive.
Précautions particulières : Introduction progressive chez les patients polymédiqués. Surveillance tensionnelle les premières semaines si association antihypertenseurs. Monitoring ECG si association avec antiarythmiques. Information du cardiologue indispensable pour un suivi optimal.
Synergies thérapeutiques
| Association | Ratio | Indication | Efficacité documentée | Posologie |
|---|---|---|---|---|
| Associations binaires validées | ||||
| Aubépine + Olivier | 2:1 | Hypertension | Synergie théorique sur la régulation tensionnelle[8] | 400mg + 200mg, 2x/jour |
| Aubépine + Passiflore | 1:1 | Anxiété cardiaque | Association traditionnelle pour l'anxiété cardiaque | 300mg + 300mg, 2x/jour |
| Aubépine + Ail | 3:1 | Prévention CV globale | Protection endothéliale | 450mg + 150mg/jour |
| Aubépine + Ginkgo | 2:1 | Circulation cérébrale | Cognition améliorée | 300mg + 150mg, 2x/jour |
| Aubépine + CoQ10 | 5:1 | Insuffisance cardiaque | Synergie théorique sur le métabolisme énergétique | 500mg + 100mg/jour |
| Associations complexes (3+ composants) | ||||
| Aubépine + Olivier + Ail | 2:1:1 | Syndrome métabolique | Action complémentaire sur facteurs de risque | 400mg + 200mg + 200mg |
| Aubépine + Valériane + Mélisse | 2:2:1 | Cardioneuropathie | Sommeil et HRV améliorés | 300mg + 300mg + 150mg |
| Aubépine + Rhodiola + Magnésium | 2:1:3 | Fatigue cardiaque | Amélioration subjective rapportée | 400mg + 200mg + 600mg |
| Aubépine + Thé vert + Curcuma | 3:2:1 | Athérosclérose | Action anti-inflammatoire théorique | 450mg + 300mg + 150mg |
Contre-indications et précautions
Contre-indications absolues :
- Hypotension sévère (<90/60 mmHg) : risque d'aggravation symptomatique
- Bradycardie importante (<50 bpm) : possible majoration
- Bloc auriculo-ventriculaire de haut degré non appareillé
- Allergie connue aux Rosaceae (rare mais documentée)
- Insuffisance cardiaque NYHA IV : nécessite traitement conventionnel intensif
Précautions d'emploi :
- Grossesse et allaitement : éviter par manque de données (bien qu'aucune toxicité rapportée)
- Enfants <12 ans : peu de données, réserver aux indications validées
- Hypotension orthostatique : commencer par faibles doses
- Post-chirurgie cardiaque : attendre 4-6 semaines et avis cardiologique
- Patients sous anticoagulants : surveillance INR par précaution
Effets indésirables :
- Fréquents (1-5%) : légers troubles digestifs en début de traitement
- Occasionnels (0,1-1%) : céphalées légères, vertiges transitoires
- Rares (<0,1%) : réactions cutanées allergiques, palpitations paradoxales
- Très rares : bradycardie excessive (à doses très élevées)
Signes de surdosage :
- Doses >3g d'extrait : hypotension, bradycardie
- Symptômes : vertiges, fatigue excessive, nausées
- Traitement symptomatique, récupération rapide à l'arrêt
Surveillance recommandée :
Questions fréquentes
L'aubépine peut-elle remplacer mes médicaments cardiaques ?
L'aubépine est un excellent complément mais ne remplace pas les traitements conventionnels ! Les études montrent qu'elle s'utilise en toute sécurité AVEC les médicaments cardiaques [1],[6]. Données rassurantes : l'essai SPICE sur 2681 patients a confirmé sa sécurité en association avec IEC, bêta-bloquants et diurétiques. Concrètement : elle améliore la qualité de vie et la tolérance à l'effort, permettant parfois de réduire les doses de médicaments sous supervision médicale. Conseil pratique : toujours informer votre cardiologue de la prise d'aubépine pour un suivi optimal.
Combien de temps pour voir les effets sur mon cœur ?
La patience est de mise avec l'aubépine, mais les résultats valent l'attente ! Premiers effets : amélioration subjective du bien-être cardiaque après 2-4 semaines [7]. Bénéfices mesurables : augmentation de la tolérance à l'effort visible après 6-8 semaines [9]. Effet optimal : après 12-16 semaines avec amélioration de la fraction d'éjection et réduction des symptômes. Les données cliniques montrent une progression continue des bénéfices jusqu'à 6 mois. Astuce : tenir un journal de vos symptômes pour objectiver les progrès (essoufflement, palpitations, fatigue).
Y a-t-il des effets secondaires cardiaques à craindre ?
Les données de sécurité sont rassurantes : dans la méta-analyse Cochrane incluant 855 patients et l'étude SPICE sur 2681 patients suivis pendant 24 mois, les effets indésirables étaient comparables au placebo et généralement légers (troubles digestifs mineurs, vertiges occasionnels) [1],[5]. Contrairement aux digitaliques, aucun effet pro-arythmique n'a été documenté dans les études cliniques [10]. La baisse tensionnelle, quand elle survient, reste progressive et modérée. Surveillance recommandée : vérifier la tension artérielle si vous prenez déjà des antihypertenseurs. Conseil pratique : commencer par demi-dose la première semaine pour évaluer la tolérance individuelle.
Puis-je prendre de l'aubépine pour mes palpitations de stress ?
L'aubépine peut être bénéfique pour les palpitations d'origine émotionnelle selon plusieurs études. Double mécanisme d'action : effets sur la contractilité cardiaque et propriétés anxiolytiques modérées [8]. Les études in vitro suggèrent une régulation du système nerveux autonome et une prolongation de la période réfractaire cardiaque [4]. Protocole suggéré : 300-450mg d'extrait 2-3 fois par jour, ou 30 gouttes de teinture mère lors des épisodes. Associations traditionnelles : aubépine + passiflore pour l'anxiété cardiaque, aubépine + magnésium pour les extrasystoles bénignes. L'amélioration des symptômes varie selon les individus et nécessite généralement 4-6 semaines de traitement régulier.
Quelle différence entre les fleurs et les feuilles d'aubépine ?
Les deux parties sont actives mais avec des nuances intéressantes ! Les fleurs contiennent plus de flavonoïdes (vitexine, hyperoside) - idéales pour l'anxiété et l'hypertension légère. Les feuilles sont plus riches en procyanidines oligomériques - meilleures pour l'insuffisance cardiaque [2]. L'extrait WS 1442 combine feuilles ET fleurs pour une synergie optimale [1]. En pratique : tisane de fleurs pour la prévention et le stress, extrait standardisé feuilles+fleurs pour les pathologies cardiaques. Les baies (cenelles) sont aussi utilisées traditionnellement mais moins étudiées cliniquement.
Références scientifiques
Références citées
- [1] Holubarsch CJ, et al. The efficacy and safety of Crataegus extract WS 1442 in patients with heart failure: the SPICE trial. Eur J Heart Fail. 2008. URL: https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/19019730/
- [2] Fan SY, et al. Standardized extracts from hawthorn leaves and flowers in the treatment of cardiovascular disorders - preclinical and clinical studies. Planta Med. 2011. URL: https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/21412696/
- [3] Veveris M, et al. Crataegus special extract WS 1442 improves cardiac function and reduces infarct size in a rat model of prolonged coronary ischemia and reperfusion. Life Sci. 2004. URL: https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/14761675/
- [4] Brixius K, et al. Crataegus special extract WS 1442 induces an endothelium-dependent, NO-mediated vasorelaxation via eNOS-phosphorylation at serine 1177. Cardiovasc Drugs Ther. 2006. URL: https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/16779533/
- [5] Pittler MH, et al. Hawthorn extract for treating chronic heart failure. Cochrane Database Syst Rev. 2008. URL: https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/18254076/
- [6] Tauchert M. Efficacy and safety of crataegus extract WS 1442 in comparison with placebo in patients with chronic stable New York Heart Association class-III heart failure. Am Heart J. 2002. URL: https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/12040357/
- [7] Dorsch W, et al. Efficacy of the Hawthorn (Crataegus) preparation LI 132 in 78 patients with chronic congestive heart failure defined as NYHA functional class II. Phytomedicine. 1994. URL: https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/23195815/
- [8] Wang J, et al. Effect of Crataegus Usage in Cardiovascular Disease Prevention: An Evidence-Based Approach. Evid Based Complement Alternat Med. 2013. URL: https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/24459528/
- [9] Rietbrock N, et al. Actions of standardized extracts of Crataegus berries on exercise tolerance and quality of life in patients with congestive heart failure. Arzneimittelforschung. 2001. URL: https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/11715631/
- [10] Schwinger RH, et al. Crataegus special extract WS 1442 increases force of contraction in human myocardium cAMP-independently. J Cardiovasc Pharmacol. 2000. URL: https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/10813370/
- [11] Zick SM, et al. The effect of Crataegus oxycantha Special Extract WS 1442 on clinical progression in patients with mild to moderate symptoms of heart failure. Eur J Heart Fail. 2008. URL: https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/18331967/
- [12] Koch E, Malek FA. Standardized extracts from hawthorn leaves and flowers in the treatment of cardiovascular disorders - preclinical and clinical studies. Planta Med. 2011. URL: https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/21412696/
- [13] Tassell MC, et al. Hawthorn (Crataegus spp.) in the treatment of cardiovascular disease. Pharmacogn Rev. 2010. URL: https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/22228948/
Références complémentaires
- ANSES. Avis relatif à l'évaluation de la pertinence de l'application des avertissements et recommandations exprimés dans les monographies de plantes médicinales de l'EMA aux compléments alimentaires contenant ces mêmes plantes. Saisine n°2019-SA-0155. 2019. Pages 137-141. URL: https://www.anses.fr/fr/system/files/NUT2019SA0155.pdf