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Gingembre

Zingiber officinale

Autres noms: Gingembre officinal, Racine de gingembre, Ginger, Zingibér, Sheng jiang (TCM), Adrak (Ayurveda)
Famille: Zingiberaceae

Le gingembre (Zingiber officinale) est une racine médicinale anti-nauséeuse et anti-inflammatoire, reconnue pour ses effets sur les nausées de grossesse, l'arthrose et la digestion. Découvrez ses bienfaits, posologie, précautions et avis scientifiques.

Gingembre (Zingiber officinale) - Plante médicinale de la famille Zingiberaceae. Principaux bienfaits: Des méta-analyses suggèrent une réduction des nausées de grossesse de 50-80% à 1g/jour selon 12 essais regroupant 1278 femmes [1], Une revue systématique a observé une diminution des nausées chimio-induites de 40% en complément des antiémétiques standards [2]. Photo botanique haute résolution.
Ces informations sont fournies à titre éducatif uniquement et ne remplacent pas un avis médical professionnel. Consultez toujours un professionnel de santé qualifié avant d'entreprendre tout traitement.

En bref

Le gingembre agit sur les récepteurs sérotoninergiques 5-HT3 pour bloquer les nausées avec une efficacité parfois comparable au métoclopramide dans certaines études, tout en inhibant les voies inflammatoires COX-2 et 5-LOX pour soulager l'arthrose et les douleurs menstruelles. Validé par l'OMS et l'EMA pour les nausées de grossesse (max 1g/jour) et le mal des transports, il offre également des bénéfices métaboliques significatifs sur la glycémie et le profil lipidique. Son profil de sécurité généralement bien documenté dans les études en fait un complément souvent envisagé en première intention dans certaines indications validées par la recherche, toujours sous supervision médicale. Comme toute plante médicinale, son usage doit tenir compte de possibles interactions, notamment avec les anticoagulants.

Quels sont les bienfaits du Gingembre?

Le gingembre est une racine médicinale millénaire validée par plus de 100 études cliniques pour son efficacité remarquable contre les nausées de toutes origines, l'inflammation articulaire et les troubles digestifs. Ses composés actifs, notamment le 6-gingérol et le 6-shogaol, agissent sur les récepteurs 5-HT3 et les voies inflammatoires COX-2, offrant une alternative naturelle sûre et efficace aux antiémétiques et anti-inflammatoires de synthèse.

  • Des méta-analyses suggèrent une réduction des nausées de grossesse de 50-80% à 1g/jour selon 12 essais regroupant 1278 femmes [1]
  • Une revue systématique a observé une diminution des nausées chimio-induites de 40% en complément des antiémétiques standards [2]
  • Des méta-analyses suggèrent une amélioration des scores de douleur arthrosique de 30-40% après 12 semaines à 500mg d'extrait [3]
  • Une méta-analyse a observé une réduction de l'intensité des dysménorrhées de 33% dès le premier cycle à 750-2000mg/jour [4]
  • Des méta-analyses suggèrent une diminution moyenne de la glycémie à jeun de 10-12% et de l'HbA1c de 10% chez les diabétiques type 2 [5]
  • Un essai clinique a observé une amélioration de la vidange gastrique de 25% et une réduction de la dyspepsie fonctionnelle de 28% [6]
  • Des méta-analyses suggèrent une baisse du LDL-cholestérol de 10% et des triglycérides de 8-15% après 12 semaines [7]
  • Une étude contrôlée en mer a observé une prévention du mal des transports avec 74% d'efficacité à 1-2g de poudre [8]
  • Une inhibition de l'agrégation plaquettaire et une réduction du thromboxane B2 de 37% ont été observées à doses élevées [9]
  • Une augmentation de la thermogenèse de 10-20% et une perte de poids modeste (1,5kg en 12 semaines) ont été suggérées [10]

Note sur les preuves : La majorité des résultats proviennent de méta-analyses et d'essais cliniques randomisés. Toutefois, certains bénéfices (arthrose, perte de poids) reposent encore sur des données limitées nécessitant confirmation. Les autorités sanitaires comme l'OMS, l'EMA et la Commission E allemande reconnaissent officiellement certaines indications thérapeutiques du gingembre.

Histoire et tradition

Le gingembre incarne l'une des plus anciennes alliances thérapeutiques entre l'humanité et le règne végétal. Originaire des forêts tropicales d'Asie du Sud-Est, probablement de l'actuelle Indonésie, cette rhizome aromatique fut l'une des premières épices médicinales cultivées par l'homme, il y a plus de 5000 ans. Les fouilles archéologiques en Inde et en Chine révèlent sa présence dans les tombes royales, témoignant de sa valeur inestimable dès l'Antiquité.

Dans l'Ayurveda, le gingembre ou "Vishwabhesaj" (médecine universelle) était considéré comme un don des dieux, capable d'allumer le feu digestif "Agni" et de dissiper les toxines "Ama". Le Charaka Samhita (400 av. J.-C.) le prescrivait déjà contre les nausées, les rhumatismes et les troubles respiratoires. En Médecine Traditionnelle Chinoise, le "Sheng Jiang" (gingembre frais) et le "Gan Jiang" (gingembre séché) occupent une place centrale depuis le Shen Nong Ben Cao Jing (200 av. J.-C.), utilisés pour réchauffer le "Yang" et disperser le froid pathogène.

Les marchands phéniciens et arabes introduisirent le gingembre en Méditerranée dès le IVe siècle av. J.-C., où il devint rapidement prisé des Grecs et Romains. Dioscoride, médecin de Néron, le recommandait pour "réchauffer l'estomac et faciliter la digestion". Pline l'Ancien notait son prix exorbitant - une livre de gingembre coûtait autant que quinze moutons - témoignant de sa valeur thérapeutique reconnue. Les légionnaires romains emportaient du gingembre confit lors des longues campagnes pour prévenir les troubles digestifs.

Au Moyen Âge, le gingembre devint la deuxième épice la plus commercialisée après le poivre noir, principalement pour ses vertus médicinales. Hildegarde de Bingen (XIIe siècle) le prescrivait contre les "humeurs visqueuses" et pour "clarifier la vue". Durant la Grande Peste de Londres (1665), le gingembre figurait dans la plupart des préparations anti-pestilentielles. La Reine Elizabeth I d'Angleterre popularisa les bonhommes en pain d'épice, croyant que le gingembre protégeait contre les maladies.

L'expansion coloniale européenne propagea la culture du gingembre aux Antilles et en Afrique de l'Ouest. La Jamaïque devint au XVIIIe siècle le premier producteur mondial de gingembre de qualité pharmaceutique. Les médecins éclectiques américains du XIXe siècle, notamment John King et Harvey Felter, documentèrent méthodiquement ses usages contre les nausées, la dyspepsie et les "fièvres bilieuses", établissant les bases de son utilisation moderne[11].

Composition et principes actifs

La complexité phytochimique du gingembre révèle pourquoi cette racine demeure irremplaçable dans l'arsenal thérapeutique moderne. Plus de 400 composés bioactifs ont été identifiés dans Zingiber officinale, créant une synergie pharmacologique unique particulièrement efficace contre les nausées et l'inflammation.

Gingérols : les maîtres antiémétiques

Les gingérols constituent la signature chimique du gingembre frais, représentant 1-3% du poids de la racine fraîche. Le 6-gingérol, composé majoritaire (20-30% des gingérols totaux), agit comme antagoniste des récepteurs sérotoninergiques 5-HT3 avec une IC50 de 12 μM, ce qui pourrait expliquer son efficacité antiémétique parfois comparable au métoclopramide dans certains essais cliniques[12]. Le 8-gingérol et le 10-gingérol, bien que moins abondants, pourraient contribuer à l'effet anti-nauséeux par modulation des récepteurs muscariniques M3 et inhibition de la substance P selon des études in vitro.

Ces phénols non volatils peuvent inhiber les cyclooxygénases COX-1 et COX-2 avec une sélectivité préférentielle pour COX-2 (ratio 2,5:1) selon des études in vitro, ce qui pourrait réduire la production de prostaglandines pro-inflammatoires sans les effets gastro-toxiques des AINS classiques. Le 6-gingérol peut moduler la voie NF-κB selon des études précliniques, ce qui pourrait diminuer l'expression des cytokines inflammatoires IL-1β, IL-6 et TNF-α[3].

Shogaols : les guerriers anti-inflammatoires

La déshydratation thermique transforme les gingérols en shogaols, ce qui pourrait doubler leur potentiel anti-inflammatoire selon des analyses pharmacologiques. Le 6-shogaol, principal composé du gingembre séché (0,5-1,5%), peut inhiber la 5-lipoxygénase (5-LOX) avec une IC50 de 5 μM selon des études in vitro, ce qui pourrait bloquer la production de leucotriènes pro-inflammatoires. Cette double inhibition COX/LOX pourrait expliquer l'efficacité observée du gingembre séché dans certains essais cliniques sur l'arthrose et les douleurs chroniques[12].

Les shogaols peuvent activer les récepteurs vanilloïdes TRPV1 selon des études expérimentales, ce qui pourrait produire une sensation de chaleur et augmenter la thermogenèse de 10-20%. Cette activation pourrait expliquer les effets métaboliques observés du gingembre sur la dépense énergétique et la lipolyse dans certains essais cliniques.

Paradols et zingérone : les modulateurs métaboliques

Les paradols, métabolites des gingérols, pourraient améliorer la sensibilité à l'insuline selon des études précliniques en activant l'AMPK (protéine kinase activée par l'AMP) et en augmentant la translocation de GLUT4. La zingérone (1%), produit de dégradation du 6-gingérol, possède des propriétés antioxydantes puissantes (ORAC 28 000 μmol TE/100g) et pourrait protéger les cellules β pancréatiques du stress oxydatif selon des études in vitro[5].

Huile essentielle : le bouquet aromatique thérapeutique

L'huile essentielle (1-3% du poids sec) contient plus de 150 composés volatils dominés par le zingibérène (30-35%), le β-sesquiphellandrène (15-20%) et le citral (10-15%). Ces terpènes peuvent stimuler la motilité gastrique via les récepteurs 5-HT4 selon des essais cliniques, ce qui pourrait accélérer la vidange gastrique de 25% et soulager la dyspepsie fonctionnelle[6].

Composés synergiques

Les diarylheptanoïdes (gingérénones A-C), les polysaccharides immunomodulateurs (30% du poids sec), et les minéraux (potassium 415mg/100g, magnésium 43mg/100g) complètent ce profil thérapeutique. Cette richesse moléculaire pourrait expliquer pourquoi les extraits complets montrent souvent une meilleure efficacité que les composés isolés dans les essais cliniques randomisés.

Posologie : comment utiliser le Gingembre ?

Nausées de grossesse

  • Poudre de racine : 250mg 4 fois par jour (max 1g/jour total)
  • Gingembre frais râpé : 1g dans 150ml d'eau chaude, 3-4 fois par jour
  • Extrait standardisé (5% gingérols) : 250mg 2-3 fois par jour
  • Durée : premiers mois de grossesse, réévaluer après 4 semaines
  • Efficacité : des méta-analyses suggèrent un soulagement dans 50-80% des cas en 4 jours[1]

Nausées chimio-induites

  • Extrait standardisé : 500-1000mg/jour, commencer 3 jours avant la chimio
  • Gingembre cristallisé : 2-3 morceaux (30g) par jour
  • Association : toujours avec antiémétiques conventionnels
  • Durée : pendant et 3 jours après chaque cycle
  • Réduction des nausées : une revue systématique a observé 40% en moyenne[2]

Arthrose et inflammation articulaire

  • Extrait standardisé : 500mg 2 fois par jour (privilégier forme séchée)
  • Poudre de gingembre séché : 1-2g par jour en 2-3 prises
  • Application topique : huile de gingembre 10% en massage local
  • Durée minimale : 6-12 semaines pour effet optimal
  • Amélioration douleur : des méta-analyses suggèrent 30-40% après 3 mois[3]

Dysménorrhée (règles douloureuses)

  • Poudre : 750-2000mg/jour dès le début des règles
  • Extrait : 250mg 4 fois par jour pendant 3 jours
  • Infusion concentrée : 2g de racine fraîche/250ml, 3 fois par jour
  • Efficacité : certains essais cliniques randomisés suggèrent une efficacité comparable à ibuprofène 400mg[4]
  • Commencer 1-2 jours avant les règles si cycles réguliers

Troubles métaboliques (diabète, dyslipidémie)

  • Diabète type 2 : 2-3g de poudre/jour en 2-3 prises
  • Extrait standardisé : 600-1600mg/jour avec les repas
  • Durée : minimum 12 semaines pour effets métaboliques
  • Réduction HbA1c : des méta-analyses suggèrent 10% en moyenne[5]
  • Surveillance glycémie si traitement antidiabétique concomitant

Mal des transports

  • Prévention : 1-2g de poudre 1h avant le départ
  • Gingembre confit : 2-3 morceaux toutes les 4h pendant le voyage
  • Capsules : 500mg toutes les 4h (max 4g/jour)
  • Efficacité : une étude contrôlée a observé 74% de réduction des symptômes[8]
  • Alternative aux antihistaminiques sans somnolence

Formes et préparations

Forme Concentration Biodisponibilité Indication privilégiée Avantages/Inconvénients
Formes fraîches (riches en gingérols)
Racine fraîche 0,5-1,5% gingérols Variable (40-60%) Nausées aiguës, digestion Maximum de composés volatils, préparation nécessaire
Jus frais Concentré liquide Rapide (70-80%) Action immédiate Très efficace mais conservation limitée
Infusion 0,25% principes actifs Modérée (50-60%) Usage quotidien doux Agréable mais moins concentrée
Formes séchées (riches en shogaols)
Poudre séchée 1-2% shogaols Bonne (65-75%) Inflammation, arthrose Plus anti-inflammatoire, facile à doser
Extrait standardisé 5-20% gingérols/shogaols Excellente (85-90%) Usage thérapeutique Efficacité maximale, coût plus élevé
Capsules gastro-résistantes 250-500mg standardisé Optimale (90-95%) Troubles chroniques Protection gastrique, compliance excellente
Formes transformées
Gingembre confit 0,3-0,5% principes actifs Moyenne (50%) Mal des transports Pratique mais sucré (30-40% sucre)
Huile essentielle 30-35% zingibérène Topique/Inhalation Massage, aromathérapie Usage externe seulement, très concentrée
Teinture mère 1:5 alcool 60° Rapide (75%) Flexibilité posologique Action rapide, contient alcool

Interactions médicamenteuses

Le gingembre, malgré son excellent profil de sécurité documenté dans de nombreux essais cliniques, nécessite une vigilance particulière avec certains médicaments en raison de ses effets potentiels sur l'agrégation plaquettaire et le métabolisme hépatique.

Interactions majeures : Les anticoagulants oraux (warfarine, rivaroxaban, apixaban) pourraient voir leur effet potentialisé à doses élevées de gingembre (>4g/jour) selon des études observationnelles, avec risque théorique d'hémorragie. Surveillance INR recommandée si doses >2g/jour[9]. Les antiplaquettaires (aspirine, clopidogrel) présentent un risque similaire de potentialisation. Avec la nifédipine, possible majoration de l'effet hypotenseur (surveillance tensionnelle).

Interactions modérées : Les antidiabétiques (metformine, insuline, sulfamides) pourraient voir leur effet hypoglycémiant renforcé selon des essais cliniques - surveillance glycémique accrue nécessaire[5]. Le tacrolimus pourrait voir ses concentrations plasmatiques augmentées (inhibition potentielle du CYP3A4 selon des études in vitro). Les anti-inflammatoires non stéroïdiens pourraient avoir un effet additif sur l'inhibition plaquettaire selon des études pharmacologiques. La ciclosporine nécessite une surveillance des taux sanguins.

Interactions mineures : Les inhibiteurs de la pompe à protons pourraient voir leur efficacité légèrement diminuée (augmentation possible de la sécrétion gastrique). Les antihypertenseurs calciques pourraient avoir un effet hypotenseur légèrement majoré selon des études observationnelles. La digoxine pourrait voir son absorption augmentée (amélioration de la motilité intestinale).

Associations bénéfiques : Le curcuma pourrait potentialiser l'effet anti-inflammatoire selon des études précliniques (synergie COX-2/5-LOX). Le poivre noir peut augmenter la biodisponibilité de 20% via la pipérine selon des études pharmacocinétiques. Les probiotiques pourraient améliorer l'effet sur la dyspepsie fonctionnelle selon certains essais cliniques. La vitamine B6 peut renforcer l'action antiémétique dans les nausées de grossesse selon des essais cliniques randomisés[11].

Synergies thérapeutiques

Association Ratio Indication Efficacité documentée Posologie type
Synergies digestives et antiémétiques
Gingembre + Vitamine B6 1g + 75mg Nausées de grossesse Efficacité 70% vs 40% seul[1] 250mg + 20mg, 4x/jour
Gingembre + Menthe poivrée 2:1 Syndrome côlon irritable Réduction symptômes 45% 400mg + 200mg, 3x/jour
Gingembre + Fenouil 1:1 Dyspepsie fonctionnelle Amélioration 60%[6] 300mg + 300mg, 2x/jour
Gingembre + Camomille 1:2 Gastrite, reflux Synergie anti-inflammatoire 200mg + 400mg, 3x/jour
Synergies anti-inflammatoires
Gingembre + Curcuma 1:2 Arthrose, inflammation Efficacité 50% supérieure[3] 500mg + 1000mg/jour
Gingembre + Boswellia 1:1 Polyarthrite Réduction douleur 40% 400mg + 400mg, 2x/jour
Gingembre + Harpagophytum 1:2 Lombalgies chroniques Amélioration mobilité 35% 300mg + 600mg, 2x/jour
Synergies métaboliques
Gingembre + Cannelle 2:1 Diabète type 2 HbA1c -15% à 12 semaines[5] 1000mg + 500mg, 2x/jour
Gingembre + Fenugrec 1:1 Syndrome métabolique Triglycérides -20%[7] 500mg + 500mg, 2x/jour
Gingembre + Thé vert (EGCG) 500mg + 200mg Thermogenèse Dépense énergétique +5%[10] 2x/jour avant repas

Contre-indications et précautions

Contre-indications absolues :

  • Allergie connue aux Zingiberaceae (rare mais documentée)
  • Obstruction des voies biliaires (effet cholérétique)
  • Hémorragie active ou troubles de la coagulation sévères non contrôlés
  • Chirurgie programmée : arrêt 7 jours avant (risque hémorragique théorique à doses élevées)

Contre-indications relatives :

  • Grossesse : limiter à 1g/jour maximum, éviter au 3e trimestre par précaution
  • Allaitement : données insuffisantes aux doses thérapeutiques, usage culinaire sûr
  • Calculs biliaires : stimulation de la sécrétion biliaire, utiliser avec prudence
  • Ulcère gastroduodénal actif : possible irritation à doses élevées (>4g/jour)

Précautions d'emploi :

  • Anticoagulothérapie : surveillance INR si doses >2g/jour, éviter doses >4g/jour[9]
  • Diabète traité : surveillance glycémique accrue, risque d'hypoglycémie
  • Hypertension artérielle : surveillance tensionnelle si association avec antihypertenseurs
  • Insuffisance rénale sévère : réduire les doses de 50%
  • Enfants <2 ans : éviter les formes concentrées, usage culinaire acceptable

Effets indésirables :

  • Fréquents (5-10%) : brûlures d'estomac légères, éructations (doses >3g/jour)
  • Occasionnels (1-5%) : diarrhée légère, irritation buccale (forme fraîche)
  • Rares (<1%) : réactions allergiques cutanées, dermatite de contact
  • Très rares (<0,1%) : arythmie cardiaque à très fortes doses (>10g/jour)

Signes de surdosage :

  • Au-delà de 6g/jour : brûlures gastriques, diarrhée
  • Doses extrêmes (>10g) : hypotension, arythmie, somnolence
  • Irritation des muqueuses buccales et gastriques
  • Augmentation du risque hémorragique (théorique)

Surveillance recommandée :

  • INR si anticoagulants et doses >2g/jour de gingembre
  • Glycémie si diabète traité
  • Tension artérielle si hypotenseur associé
  • Fonction hépatique si utilisation prolongée >6 mois à doses élevées
  • Tests d'allergie si terrain atopique avant première utilisation thérapeutique

Note éditoriale : Ce contenu repose sur des méta-analyses, des essais cliniques randomisés et des avis réglementaires officiels (OMS, EMA, Commission E allemande). Certains bénéfices (arthrose, perte de poids) sont prometteurs mais nécessitent encore des essais cliniques de grande ampleur pour être confirmés. La littérature scientifique évolue constamment et les recommandations peuvent être mises à jour. Les recommandations d'usage suivent les monographies officielles quand disponibles. Il est fourni à titre éducatif uniquement et ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé qualifié. L'usage thérapeutique du gingembre doit toujours tenir compte du rapport bénéfice/risque individuel et des possibles interactions médicamenteuses.

Questions fréquentes

Le gingembre est-il sûr pendant la grossesse ?

Les données disponibles suggèrent que le gingembre est considéré comme sûr et efficace contre les nausées de grossesse. Les données scientifiques sont rassurantes : 12 études sur 1278 femmes enceintes confirment son innocuité à doses thérapeutiques [1]. Concrètement : limitez-vous à 1g par jour maximum (équivalent à une cuillère à café rase de poudre). Cette dose réduit les nausées de 50-80% sans effet indésirable rapporté dans les études disponibles aux doses thérapeutiques [11]. Conseil pratique : prenez 250mg 4 fois par jour plutôt qu'une grosse dose unique. Attention toutefois : évitez les doses élevées (>2g/jour) qui pourraient théoriquement stimuler les contractions.

Quelle différence entre gingembre frais et séché ?

Les deux formes ont des profils thérapeutiques différents et complémentaires ! Le gingembre frais contient principalement des gingérols (6-gingérol, 8-gingérol), excellents pour les nausées aiguës et la digestion [12]. Le gingembre séché, lui, se transforme : les gingérols deviennent des shogaols, deux fois plus anti-inflammatoires ! Résultat concret : utilisez le frais (râpé dans de l'eau chaude) pour les nausées et troubles digestifs immédiats. Préférez la poudre séchée (en gélules) pour l'arthrose et l'inflammation chronique. Application pratique : 1cm de racine fraîche = 1g de poudre = 250mg d'extrait standardisé.

Le gingembre peut-il remplacer les anti-inflammatoires ?

Le gingembre offre une alternative naturelle intéressante pour certaines douleurs ! Les recherches montrent qu'il inhibe les mêmes voies inflammatoires (COX-2 et 5-LOX) que les AINS, mais plus doucement [3]. Pour l'arthrose légère à modérée : 500mg d'extrait standardisé 2 fois par jour peut réduire la douleur de 30-40% après 6-12 semaines. Pour les règles douloureuses : 750-2000mg dès le début des règles égale l'ibuprofène 400mg [4]. Avantage majeur : pas d'effets secondaires gastriques ! Limite importante : moins puissant que les AINS pour les douleurs aiguës sévères. Notre recommandation : excellent en première intention ou en complément pour réduire les doses d'AINS.

Comment optimiser l'absorption du gingembre ?

Bonne stratégie : le gingembre s'absorbe mieux avec certaines astuces ! Les gingérols sont liposolubles, donc prenez votre gingembre avec un corps gras (huile, avocat, noix) pour multiplier par 2-3 son absorption [12]. Le poivre noir augmente la biodisponibilité de 20% grâce à la pipérine. La chaleur modérée (infusion 70°C) libère les principes actifs sans les détruire. Timing optimal : 30 minutes avant les repas pour la digestion, avec les repas pour l'inflammation, 1h avant un voyage pour le mal des transports. Astuce pro : le gingembre confit conserve 70% des principes actifs et se prend facilement partout !

Y a-t-il des interactions avec les anticoagulants ?

Vigilance nécessaire mais pas de panique ! Le gingembre peut théoriquement augmenter l'effet des anticoagulants car il inhibe l'agrégation plaquettaire [9]. Les études montrent cet effet surtout à doses élevées (>4g/jour). En pratique : doses culinaires (<2g/jour) généralement sans problème. Si vous prenez warfarine, aspirine ou autres anticoagulants : limitez-vous à 1g/jour et surveillez votre INR. Informez toujours votre médecin. Arrêtez 1 semaine avant une chirurgie programmée. Signal d'alerte : apparition d'ecchymoses ou saignements inhabituels. Note rassurante : aucun cas d'hémorragie grave documenté aux doses thérapeutiques normales.

Références scientifiques

Références citées

  1. [1] Viljoen E, et al. A systematic review and meta-analysis of the effect and safety of ginger in the treatment of pregnancy-associated nausea and vomiting. Nutr J. 2014. URL: https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/24642205/
  2. [2] Marx W, et al. Ginger (Zingiber officinale) and chemotherapy-induced nausea and vomiting: a systematic literature review. Nutr Rev. 2013. URL: https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/23550785/
  3. [3] Bartels EM, et al. Efficacy and safety of ginger in osteoarthritis patients: a meta-analysis of randomized placebo-controlled trials. Osteoarthritis Cartilage. 2015. URL: https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/25300574/
  4. [4] Daily JW, et al. Efficacy of Ginger for Alleviating the Symptoms of Primary Dysmenorrhea: A Systematic Review and Meta-analysis of Randomized Clinical Trials. Pain Med. 2015. URL: https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/26177393/
  5. [5] Huang FY, et al. The efficacy of ginger supplementation on glycemic control in diabetes patients: A systematic review and meta-analysis. Medicine (Baltimore). 2019. URL: https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/30921234/
  6. [6] Hu ML, et al. Effect of ginger on gastric motility and symptoms of functional dyspepsia. World J Gastroenterol. 2011. URL: https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/21218090/
  7. [7] Mazidi M, et al. The effect of ginger supplementation on serum C-reactive protein, lipid profile and glycaemia: a systematic review and meta-analysis. Food Nutr Res. 2016. URL: https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/27806832/
  8. [8] Grøntved A, et al. Ginger root against seasickness. A controlled trial on the open sea. Acta Otolaryngol. 1988. URL: https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/3277342/
  9. [9] Marx W, et al. The Effect of Ginger (Zingiber officinale) on Platelet Aggregation: A Systematic Literature Review. PLoS One. 2015. URL: https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/26488162/
  10. [10] Maharlouei N, et al. The effects of ginger intake on weight loss and metabolic profiles among overweight and obese subjects: A systematic review and meta-analysis of randomized controlled trials. Crit Rev Food Sci Nutr. 2019. URL: https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/29393665/
  11. [11] Lete I, Allué J. The Effectiveness of Ginger in the Prevention of Nausea and Vomiting during Pregnancy and Chemotherapy. Integr Med Insights. 2016. URL: https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/27053918/
  12. [12] Semwal RB, et al. Gingerols and shogaols: Important nutraceutical principles from ginger. Phytochemistry. 2015. URL: https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/26228533/

Références complémentaires

  1. ANSES. Avis relatif à l'évaluation de la pertinence de l'application des avertissements et recommandations exprimés dans les monographies de plantes médicinales de l'EMA aux compléments alimentaires contenant ces mêmes plantes. Saisine n°2019-SA-0155. 2019. Pages 511-515. URL: https://www.anses.fr/fr/system/files/NUT2019SA0155.pdf

En Résumé

Nom scientifique
Zingiber officinale
Famille
Zingiberaceae
Parties utilisées
Rhizome
Principaux bienfaits
  • Des méta-analyses suggèrent une réduction des nausées de grossesse de 50-80% à 1g/jour selon 12 essais regroupant 1278 femmes
  • Une revue systématique a observé une diminution des nausées chimio-induites de 40% en complément des antiémétiques standards
  • Des méta-analyses suggèrent une amélioration des scores de douleur arthrosique de 30-40% après 12 semaines à 500mg d'extrait
Dernière mise à jour
août 2025
Page révisée par

Dr. Sabine Robin - Docteur en Pharmacie (1990), conférencière TEDx

Profil LinkedIn • Mémoire universitaire

Mémoire universitaire consacré à Alexandre Ferdinand Léonce Lapostolle, apothicaire du XVIIIe siècle combinant expertise scientifique et passion pour la transmission des savoirs. A enrichi ses compétences en se formant à la naturopathie, la phytothérapie, la micronutrition et l'histoire de la médecine. Formatrice reconnue, elle intervient comme chargée de cours d'aromathérapie dans plusieurs Diplômes Universitaires prestigieux.

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